18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 09:54

Samedi, je représentais Michel Vauzelle à la cérémonie commémorant l'abolition de l'esclavage.

C'est Jacques Chirac qui avait décidé de faire du 10 mai la journée commémorative de l'abolition de l’esclavage en métropole. Pourquoi cette journée a-t-elle eu lieu un 17 mai à Aix-en-Provence ? Si certain·e·s ont la réponse, merci de laisser un commentaire, cela m'éclairera…

Certains aujourd'hui veulent nous faire croire que ces cérémonies sont une forme de « culpabilisation » pour la France. Je pense évidemment aux récentes déclarations de Thierry Mariani. Avant lui, Nicolas Sarkozy parlait déjà de « mode de la repentance ». Ils se trompent lourdement.
L'histoire d'un pays ne peut se comprendre que si on la regarde en face : celle de la France, comme celle de toutes les nations, comporte des heures glorieuses et des heures sombres. Nous ne pouvons pas célébrer les premières en oubliant les secondes. Victor Schœlcher, auteur du décret qui abolit l'esclavage en 1848, parle de la loi autorisant l'esclavage comme une « honte éternelle » : pour lui, « le crime a été celui de l'État lui-même ». Dans le préambule du décret d'abolition, il inscrit que l'esclavage est « une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Égalité, Fraternité » et la loi de 2001 — dont Christiane Taubira fut rapporteure — le reconnait comme crime contre l'humanité. Je regrette d'ailleurs profondément que l'adjoint du Jas de Bouffan, qui représentait Madame Joissains lors de la cérémonie, ait cru bon d'attaquer la garde des Sceaux lors de sa prise de parole. Sa remarque envers celle qui a donné son nom à la loi reconnaissant la traite négrière transatlantique et l'esclavage était plus que déplacée.

Mais revenons à l'essentiel :

Se souvenir des crimes du passé doit surtout nous permettre de comprendre le présent. Abolir l'esclavage c'est déclarer son interdiction formelle. Ce qui malheureusement ne permet pas en soi sa disparition subite : au Nigéria, un groupe intégriste a récemment enlevé 223 lycéennes et annonce vouloir les vendre. En Europe même, l'esclavage n'a pas disparu : chaque année, des centaines de personnes sont victimes de la traite, dont une grande partie de femmes dans des réseaux de prostitution.

Je voudrais d'ailleurs ici rendre hommage au formidable travail de l'association OICEM (Organisation internationale contre l'esclavage moderne) basée à Marseille et qui, chaque année, permet à des esclaves, à Marseille, à Aix, partout en France et ailleurs, de retrouver une vie digne et autonome. Leur travail est délicat, complexe, mais tellement nécessaire… Une idée si vous souhaitez les soutenir : le partenariat qu'ils viennent de nouer avec Lush vous permet de le faire tout en achetant des produits de beauté.

L'horreur qui consiste à considérer un être humain comme un objet, à le vendre et à se l'approprier, n'a pas disparu. Ne l'oublions pas.

« Un commerce d’hommes ! Grand Dieu ! Et la nature ne frémit pas ?
S’ils sont des animaux, ne le sommes-nous pas comme eux ? »

— Olympe de Gouges, Réflexions sur les hommes nègres (1788)

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Publié par Gaëlle Lenfant
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