3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 19:57

La semaine dernière, je représentais le président Michel Vauzelle pour la première journée nationale de la Résistance, instaurée par la loi du 19 juillet 2013. Cette date a été choisie en souvenir du 27 mai 1943, jour de la première réunion du Conseil national de la Résistance sous l’égide de Jean Moulin qui devait être arrêté moins d’un mois plus tard. Le programme réalisé alors, dans cette période si difficile, s'intitulait « les jours heureux »... Je crois utile de le rappeler aujourd'hui.

C'est devant le wagon souvenir du camp des Milles que les Aixois pouvaient se réunir pour se souvenir. Le camp des Milles fut le seul camp français entièrement géré et administré par des Français. Il fut aussi un lieu de Résistance par la culture et par l’art

On commémore aussi cette année le centenaire de la naissance de Romain Gary, Juif né en Lituanie, à Vilnius, le 8 mai 1914, immigré à l’adolescence avec sa mère à Nice, étudiant en droit à Aix-en-Provence, devenu un grand résistant, un grand Français libre, compagnon de la Libération et double lauréat du prix Goncourt. En 1980, Romain Gary écrit dans la préface du catalogue de l’exposition « Résistance, Déportation et Libération » : « Nous savons aujourd’hui que l’on a écrit, oui écrit, à Auschwitz ou Treblinka. Sur des bouts d’étoffe, sur des cartonnages, sur du papier hygiénique, par des hommes et des femmes qui allaient mourir. Rarement la littérature eut plus de portée et d’authenticité que lorsqu’elle devenait ainsi, pour les exterminés, un alphabet de la souffrance ».

Cette journée permet de se souvenir de celles et de ceux qui ont osé bravé le nazisme et le régime collaborateur de Vichy. C’est l’occasion de se souvenir des visages de ces femmes et de ces hommes et des lieux de mémoire de la Résistance. Cette journée permet aussi de mettre en exergue l’action des femmes dans la Résistance. Elles ne sont que 6 à avoir été élevées à la dignité de « compagnon de la Libération », alors que 1 030 étaient des hommes. Parmi ces femmes illustres et éminentes de la Résistance, je veux citer Edmonde Charles-Roux, membre de l’académie Goncourt, qui se consacre aujourd’hui à l’écriture dans sa thébaïde de Sainte-Victoire.

Cette première célébration de la mémoire et des espoirs de la Résistance permet d’unir tous les Républicains. La Résistance, c’est à la fois la Résistance par les armes, la Résistance intellectuelle des poètes, la Résistance des Justes, la Résistance quotidienne des Français ordinaires accueillant des maquisards ou des pilotes britanniques, c’est aussi la Résistance des spahis algériens, des tabors et goumiers marocains, des tirailleurs tunisiens et africains débarquant en Provence, le 15 août 1944. Les récentes recherches de l’historien franco-canadien Eric Jennings nous rappelle l’importance de l’Afrique dans l’épopée de la France Libre : « La Libération a commencé à Brazzaville », dit Eric Jennings. La Résistance constitue une datation historique essentielle pour tous les Républicains. Jean Moulin et bientôt Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay en sont les parangons au Panthéon de la République. C’est ici l’occasion de rappeler mon action comme vice-présidente du Conseil régional, pour soutenir, entre autres, le projet d’Espace muséal Jean Moulin initié par la mairie de Saint-Andiol, entre Aix-en-Provence et Avignon, berceau de la famille de Jean Moulin. La Résistance constitue bel et bien un enjeu permanent de mémoire : il suffit de se rappeler les tentatives pour salir la mémoire de Jean Moulin que certains avaient tenté de présenter comme un agent des services soviétiques.

La Résistance reste aujourd’hui une incitation à ne pas céder à l’esprit de résignation, à nous souvenir qu’elle s’est poursuivie par la construction d’une Europe unie pour préserver une paix durable. La Résistance reste un idéal mobilisateur. Lucie Aubrac disait : « La haine du fascisme, la jeunesse et l’amour nous conduisaient directement à la Résistance… » Elle disait aussi que le verbe résister se conjugue toujours au présent. Et cette phrase, qui me sert chaque jour de guide, n'a peut-être jamais résonné aussi fort. Ré-apprenons à résister, la République le mérite.

« Je vous salue, vous qui dormez Après le dur travail clandestin, Imprimeurs, porteurs de bombes, déboulonneurs de rails, incendiaires, Distributeurs de tracts, porteurs de messages. Je vous salue vous tous qui résistez, enfants de vingt ans au sourire de source, Vieillards plus chenus que les ponts, hommes robustes, images des saisons, Je vous salue au seuil du nouveau matin… »
— Robert Desnos

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Publié par Gaëlle Lenfant
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