11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 18:29
Congrès du Parti socialiste : les raisons de mon choix

En juin prochain, les militant·e·s du Parti socialiste seront réuni·e·s en congrès à Poitiers. Un congrès socialiste est un exercice qui peut sembler byzantin vu de l’extérieur du parti… et parfois même vu de l’intérieur, c’est vrai ! Mais c’est une procédure qui trouve sa source dans l’histoire du socialisme de notre pays : au Parti socialiste, les choix sont démocratiques (ce sont les adhérent·e·s qui votent), ils se fondent non pas sur des personnalités mais sur des textes politiques (les motions) et dans le respect des différences (par la proportionnelle).

Voilà d’ailleurs pourquoi celles et ceux qui pensent que tout est déjà joué se trompent : une période de campagne interne s’ouvre aujourd’hui et elle va permettre à chaque militant·e de faire le choix qu’il ou elle pensera être le meilleur en votant le 21 mai pour l’une des quatre motions proposées.

Ces motions ont été officiellement déposées ce samedi, chacune avec une liste de ses signataires, c’est-à-dire de socialistes qui s’engagent dès le début dans ce processus démocratique. Le ou la premier·e signataire de chaque motion sera son ou sa candidat·e pour l’élection du premier·e secrétaire du PS, qui aura lieu le 28 mai.

J’ai fait aujourd’hui le choix de m’engager en signant la motion « À gauche pour gagner », dont le premier signataire est Christian Paul, député de la Nièvre. Je fais ce choix pour plusieurs raisons.

D’abord, par fidélité à mes convictions et au travail que j’ai effectué lorsque j’étais secrétaire nationale adjointe aux Droits des femmes dans la direction du PS qu’animait Martine Aubry, et à laquelle participait également Christian Paul. À cette époque, les socialistes avaient engagé un énorme travail de fond qui a abouti au Projet socialiste et qui, lui-même, a été la base des 60 engagements sur lesquels François Hollande a été élu en 2012. Notre démarche consistait alors à analyser notre société, en lien avec ses forces vives, et de proposer des solutions de transformation qui améliorent concrètement la vie des gens. C’est cette démarche, qui me semble à la base de l’engagement socialiste, que je retrouve aujourd’hui dans la motion conduite par Christian Paul.

La deuxième raison pour laquelle je signe « À gauche pour gagner », est que je crois qu’une réorientation de la politique du gouvernement est nécessaire. Disons le tout net : je ne me situe pas dans l’opposition au gouvernement. D’ailleurs, si certain·e·s, par facilité rhétorique, voudraient voir des « raisonnables » et des « fidèles » s’opposer à des « irresponsables » « frondeurs », ils et elles font une erreur d’analyse fondamentale. Tous et toutes, nous sommes là pour voir la gauche réussir au gouvernement.

Mais pour cela il faut faire la bonne analyse. Nous avons été élu·e·s en 2012 en promettant, non pas la révolution, mais le changement. Si, en 2015, nous venons d’essuyer trois graves défaites successives, c’est bien que les électrices et les électeurs sont déçu·e·s de la politique menée. Et nous voyons bien les résultats de cette déception : beaucoup de ceux et celles qui votaient socialiste en 2012 s’orientent, non pas vers « plus à gauche », à peine plus vers la droite, mais surtout vers l’abstention et le Front national. Continuer dans la même voie serait suicidaire, et pas seulement pour le PS.

Je crois qu’il nous faut sortir des discours creux sur la « réforme » et engager, enfin, le vrai changement : celui par lequel nous rétablissons la justice, par lequel la vie de nos concitoyen·ne·s s’améliore concrètement. Il est encore temps de vraiment refonder notre système fiscal, de mener à bout la réforme de la justice, de démocratiser nos institutions et de renforcer les services publics et les protections sociales des citoyen·ne·s, indispensables alors qu’ils/elles continuent de souffrir de la crise.

Et puisqu’il s’agit d’un congrès du Parti socialiste, je dois dire que si je signe aussi « À gauche pour gagner », c’est je crois que les choses doivent changer en interne également. Je conçois que le rôle d’un parti n’est pas le même dans l’opposition et dans la majorité… mais tout de même : le rôle du Parti socialiste n’est pas d’être la simple courroie de transmission de choix qui se font ailleurs, au gouvernement.

Cela vaut au niveau national, mais également au niveau local. Certaines situations sont scandaleuses : par exemple dans le Lot, des élus s’affranchissent du vote des militant·e·s pour voter contre la candidate de notre parti. Ou encore dans les Bouches-du-Rhône, nous ne sommes même pas capable de désigner une tête de liste avant la campagne…

Nous sommes un parti militant, pas une machine électorale ou un réseau d’élu·e·s : nous sommes là pour inventer, lutter et à faire respecter ses idées. La motion « À gauche pour gagner » me paraît répondre à ces exigences.

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Publié par Gaëlle Lenfant - dans tribune Parti socialiste
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Anne Mesliand 13/04/2015 12:30

Je te félicite de cette prise de position, cohérente avec ce que je connais de toi. Elle contribuera j'espère au changement de cap politique que nous pensons, l'une comme l'autre, nécessaire, et sur lequel nous pourrons peut-être débattre et croiser nos propositions !
Amicalement ANNE
Anne Mesliand, conseillère régionale communiste, membre du groupe Front de Gauche.

Jacques 11/04/2015 21:29

Très bien Gaëlle ! Si tous étaient comme toi au PS, cela me redonnerait confiance et espoir pour y revenir... Tiens bon la barre !!
Amicalement
Jacques

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