16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 13:27

À Aix-en-Provence, chaque année, c'est la semaine suivant les commémorations officielles qu'a lieu la cérémonie célébrant l'abolition de l'esclavage. J'ai eu l'honneur d'y représenter le président Vauzelle : avec Hervé Guerrera, nous avons déposé une gerbe et j'ai pu m'y exprimer. Vous pouvez télécharger mon discours ci-dessous.

Les deux premières prises de parole sont revenues à M. Racon, président de l'Association des Antillais, et à un historien. Tous deux ont eu des paroles fortes et essentielles. Les élu·e·s se sont ensuite exprimés et je dois dire que globalement ces prises de paroles ont été de haute tenue. Je tiens notamment à souligner la déclaration de Sophie Joissains revenant sur la nécessité de l'interdiction de la gestation pour autrui, qui pousse des femmes pauvres des pays du Sud à louer leurs ventres aux riches occidentaux. Je veux évoquer aussi la prise de parole de Christian Kert revenant sur la nécessité de lutter, aujourd'hui encore, contre toutes les formes d'oppression et citant expressément la prostitution. Il est bon de savoir que deux parlementaires, même de droite mais républicains, peuvent prononcer des paroles fortes lors d'une telle commémoration.

J'ai en revanche été choquée par les propos de M. Maina, adjoint de quartier, qui, se disant favorable à l'accueil des migrants méditerranéens — allant en cela à l'encontre de nombre de responsables de son parti (est-il besoin de rappeler les propos de M. Mariani sur la nécessité de couler les bateaux au départ...?) — a cru bon devoir rajouter que les migrants devaient se plier à « nos traditions » sous peine que la France ne soit plus la même. Ce type de discours simpliste qui veut opposer une prétendue « France éternelle » aux dangers venus de l'extérieur est simplement une négation de l'histoire de notre pays : la France est justement aujourd'hui ce qu'elle est grâce à ceux et celles qui, venu·e·s d'ailleurs, ont enrichi sa culture et son économie. D'ailleurs, notre tradition la plus belle n'est-elle pas justement l'accueil des autres ? Particulièrement dans notre Provence.

Avoir peur de l'autre et de ce qu'il amène conduit à des dérapages dont nous n'avons que trop d'exemples ces derniers temps. En tant qu'élu·e·s, de droite comme de gauche (car n'en déplaise à Maryse Joissains, les élu·e·s de gauche sont aussi républicain·e·s), nous avons une responsabilité forte lorsque nous nous exprimons devant nos concitoyen·ne·s. J'espère qu'un jour, M. Maina, et d'autres encore, le comprendront.

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