
Les Provençaux, les Alpins et les Azuréens ont
donc confirmé leur vote et réélu Michel Vauzelle à la tête de notre belle région. Plus exactement, ils ont porté victorieuse la liste de rassemblement de la gauche et des écologistes qu'il
conduisait, et à laquelle j'avais l'honneur d'appartenir. Le Président sera élu vendredi parmi et par l'ensemble des 123 conseillers régionaux élu-es hier.
Je remercie l'ensemble des électrices et des électeurs qui nous ont apporté leurs suffrages, et particulièrement les 21 655 aixoises et aixois qui nous font confiance, aujourd'hui, pour non
seulement résister aux politiques menées par Mr Sarkozy et Mme Joissains, mais aussi pour construire, comme nous l'avons proposé dans notre projet, une région rassemblée, solidaire et
écologique.
Permettez moi d'avoir un mot et même un peu plus pour les militant-es qui ont mené une campagne de terrain formidable depuis maintenant plus de deux mois. C'est à eux que nous devons cette victoire
en premier lieu, à leur engagement, leur dévouement à leurs idéaux, les journées, soirées, week-end qu'elles et ils ont consacré à construire cette victoire. Ils ont été plus qu'à la hauteur, sur
le terrain parfois dès 7 heures le matin, par des températures polaires, pour, parler, convaincre, frapper aux portes, arpenter les marchés, rédiger des tracts, les distribuer dans chaque boîte aux
lettres d'Aix, et tant et tant de fois ! Ils l'ont fait par conviction, en donnant leur temps et leur énergie pour faire avancer des idées. Ils n'ont pas fait la Une des journaux, n'étaient pas sur
la liste, n'avaient rien de matériel ni d'individuel à gagner, et ils seront encore là demain. C'est ça aussi la politique, et tout ce travail de fourmi réalisé chaque jour mériterait d'être mieux
mis en avant !
Un mot, aussi, pour Fleur, Conseillère Régionale sortante, et qui n'est pas réélue cette fois, ce que je regrette profondément. Fleur savait depuis longtemps déjà qu'elle n'avait qu'une chance
infime d'être élue, et malgré cela, elle a mené une campagne exemplaire, dynamique, enthousiaste, elle aussi parce qu'elle a mis ses idéaux avant ses intérêts personnels. Ce n'est pas si courant,
elle a fait preuve d'un courage et d'un engagement magnifique, et je suis très admirative devant sa force de caractère. Je ne sais pas si j'aurais eu la même... Chapeau bas, madame :-)
Notre victoire ne doit cependant pas éluder plusieurs dangers. Le score de l'abstention, tout d'abord, est très inquiétant. 47,79 en PACA, et même 49,42% à Aix. La moitié des électeurs ne s'est pas
déplacé et c'est la légitimité de notre démocratie qui est posée là. Il me semble que pour partie du moins, les abstentionnistes ont souhaité envoyer un message, nous demandant à nous, responsables
politiques, militant-es, élu-es, de changer nos pratiques politiques. Cela passe par une proximité accrue, alors même que nous vivons dans un monde de plus en plus complexe et que l'on nous demande
parfois de nous transformer en expert. Il faudra résoudre cette contradiction. Mais cela ne sera pas suffisant. A l'ère d'Internet, où l'information circule vite, et par des canaux multiples, nos
concitoyen-nes nous demandent aussi de leur expliquer mieux les choses, de les rencontrer plus, de renforcer les liens humains qui doivent exister entre les élu-es et ceux qui leur ont donné leur
mandat. Il y a plusieurs pistes à explorer pour cela. Michel Vauzelle a déjà mis en place des structures permettant à la démocratie participative de s'exprimer, mais il faudra s'atteler à y faire
venir d'autres personnes, car participer toujours avec les mêmes ne signifie pas grand chose...
A nous, politiques, de relancer le goût de la démocratie. Mais je le dis clairement. C'est aussi à l'ensemble des françaises et des français de se mobiliser. La démocratie c'est la construction
collective d'un chemin commun. Si vous laissez à quelques uns le soin de décider pour vous, alors la démocratie n'aura plus lieu d'être. Plus nous serons nombreux-ses à faire de la politique, mieux
nous en ferons ensemble. S'informer des projets communaux, des compétences des institutions, participer aux enquêtes publiques, écrire à un-e élu-e pour lui poser une question, donner un avis,
participer via une association à la vie de son quartier, ou s'engager dans un parti politique pour faire avancer ses idéaux, voilà quelques actions qui, si elles étaient partagées par plus de
citoyen-nes permettraient j'en suis certaine de faire reculer très largement l'abstention.
Deuxième danger, tout aussi inquiétant, voire plus, le score du Front National. De 15,88% à Aix, il atteint 22,87% au niveau régional. il y a me semble-t-il quelques similitudes entre le score du
FN et l'abstention. Dans les deux cas, pour beaucoup d'électeurs, il s'agit d'exprimer une colère, une fracture entre le peuple et les élu-es, une incompréhension de la politique et des politiques,
une défiance forte vis à vis des solutions proposées. Mr Sarkozy en particulier et l'UMP en général portent une grande responsabilité dans ce score. En effet, celui qui s'était présenté comme "Mr
sécurité", le chantre du pouvoir d'achat, celui qui allait gonfler les porte-monnaies et faire de la France un "pays de propriétaires" a échoué sur toute la ligne. Sa politique conduit à une hausse
de la violence (moins de policiers, moins de prévention, une répression menée en dépit du bon sens (Cf les garde à vue, la réforme de la justice...) des populations stigmatisées, le culte du
chiffre en dépit de la qualité des résultats...), une baisse du pouvoir d'achat (alors que le bouclier fiscal nous coûte 15 milliards par an, ils laissent la Sécu s'enfoncer, et maintenant ce sont
nos retraites qui vont se ratatiner !) le travailler plus pour gagner plus n'existait que dans les promesses de campagne... établir une liste exhaustive des échecs de la droite serait beaucoup trop
long... Le débat sur l'identité nationale a renforcé le FN, mais cela n'est que la suite logique des politiques qui sont menées en dépit du bon sens, et c'est bien à l'UMP que nous devons ce triste
score.
Les français souffrent et la droite leur répond "c'est la faute de la crise" (Fillon le disait encore hier soir !). Mais la crise, le chômage qui monte, les entreprises qui ferment, les logements
qui sont inaccessibles, la jeunesse qui survit au lieu de vivre... à qui la faute alors ? Les électeurs du FN et les abstentionnistes nous renvoient devant nos responsabilités : faire de la
politique, c'est construire la société. Or, la droite détruit tout ce qui avait été fait, et cela désespère nos concitoyen-nes à raison. La crise n'est pas une entité qui agirait d'elle-même, de
même que la fameuse "main invisible du marché", qui n'existe que dans les esprits des capitalistes libéraux que cela rassure. Ce sont des humains, par leurs actions et leurs décisions qui ont amené
la crise, parce qu'ils ont fait passer la finance avant l'économie, parce qu'ils ont oublié que derrière des actions, des rentes, des dividendes, des subrpimes, se cachent des personnes réelles,
que ces politiques détruisent.
La gauche s'est retrouvée, aujourd'hui, et nous avons une énorme responsabilité devant nous : rassembler, autour de nous, pour redonner confiance et permettre des réponses politiques d'avenir, des
votes d'espoir, pour un vrai changement. Changer la vie des gens est plus que jamais d'actualité. Cette belle victoire aux Régionales nous permet d'être un rempart fort aux politiques destructrices
de la droite, mais aussi de commencer de construire notre projet. Il faudra que nous lui trouvions un aboutisssement en 2012, pour qu'un-e président-e de gauche permette à la France de marcher à
nouveau vers l'avenir.
Voilà pourquoi je suis fière de cette victoire, que nous avons su construire dans l'union, et qui donne à la gauche et aux écologiste un bel avenir à préparer.