Mercredi 28 mai 2008
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Paris – le 28 mai 2008. Avec l’Association Française des Diabétiques (AFD) et l’ONG Santé Diabète, le Mouvement « Ensemble pour une santé solidaire » interpelle les pouvoirs publics de la décision
d’expulser Mme Sira Sidibé*, une Malienne diabétique, atteinte de graves complications, qui vit depuis plus de 10 ans en France avec sa petite fille.
Et, ce, au mépris de la loi, qui prévoit, par l’article L.313-11, alinéa 11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, que « sauf si sa présence constitue une menace pour
l’ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » est délivrée de plein droit (...) à l’étranger résidant habituellement en France dont l’état de santé
nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve qu’il ne puisse effectivement bénéficier d’un
traitement approprié dans le pays dont il est originaire (...)».
• Traitée par pompe à insuline (obligatoire en raison de l’échec des autres thérapies) et 5 médicaments, Mme Sidibé doit suivre également un traitement au laser pour ses yeux et supporte un lourd
appareillage orthopédique.
• Jusqu’en 2007, sa carte de séjour pour raison médicale a été renouvelée sans problème. A cette date, son renouvellement est refusé, au motif que son traitement est disponible au Mali (après 6
mois d’attente de cette décision, où elle perd tous ses droits et allocations).
• Elle conteste ce refus devant le tribunal administratif de Paris, qui émet un jugement défavorable, estimant que son dossier ne comporte pas suffisamment de preuves de l’indisponibilité du
traitement au Mali. Elle vient de faire appel devant la cour administrative de Paris.
• Même avec une procédure en cours, elle peut être arrêtée et être expulsée à tout moment
et n’a plus ni le droit de travailler, ni de bénéficier de son allocation de travailleur handicapé.
Santé Diabète Mali**, qui a analysé son dossier médical et la situation au Mali (certifiés par plusieurs spécialistes reconnus) est formel : « le pronostic vital de la patiente sera mis en jeu » en
cas de retour au Mali, en raison de l’impossibilité de traitement par pompe à insuline (seule thérapie possible pour cette patiente) ainsi que du coût du reste de son traitement, qui équivaut à
plus de 7 fois le salaire moyen malien !
Le refus du renouvellement de sa carte de séjour pour raison médicale, est donc fondé sur des arguments contestés par les médecins et par une ONG spécialiste des questions de santé au Mali. Cette
décision met en jeu la vie de Mme Sidibé, si elle retourne au Mali : l’expulser, c’est décider de l’envoyer mourir dans son pays !
Le Mouvement Ensemble pour une santé solidaire interpelle solennellement les responsables de cette décision et demande aux pouvoirs publics d’empêcher une tragédie annoncée, en appliquant l’article
L.313-11, alinéa 11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dont relève Mme Sidibé.
Pour le Mouvement : ensemble pour une santé solidaire
http://ensemblepourunesantesolidaire.fr
Bruno-Pascal CHEVALIER Dr Christian LEHMANN
* Mme Sidibé a souhaité que son nom apparaisse