Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /Juin /2008 15:19
Avec mon ami Hervé Guerrera, nous entamons de temps en temps la polémique sur le sujet des langues régionales. Comme le sujet est d'acutalité et que nous nous sommes retrouvés lors de la cérémonie commémorative du 18 juin, nous avons prolongé la conversation autour d'un verre sur une terrasse devant l'hôtel de ville ce soir là.

Contrairement à lui, je ne suis pas une défenderesse des langues régionales, et je ne souhaite pas que dans l'article 1er de notre Constitution, soit inscrit "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. (...) Les langues régionales appartiennent à son patrimoine national."

Cela ne signifie pas que je souhaite la disparition de ces langues, au contraire, je pense qu'elles sont un bien pour nos culture et qu'il est important qu'elles vivent et qu'elles s'enrichissent, mais constitutionnaliser cela me semble contraire aux valeurs de notre République, une et indivisible.

Je suis attachée à la langue française comme langue nationale, issue de la Révolution Française qui rend notre "langue universelle des Lumières" obligatoire. Cela a permis l'unification des territoires, une compréhension entre tous.

Cela dit, je ne suis pas sectaire en ce domaine, ni spécialiste disons-le franchement, et comme j'aime par ailleurs le débat, je vous propose ci dessous un lien vers un article de rue 89 qui me semble être un bon résumé de la situation, ainsi qu'un texte de jaurès qui m'a été envoyé par Hervé, que je remercie pour toutes ses connaissances historiques qu'il sait si bien faire passer.

Et je suis bien sûr prête à en discuter avec vous !
(les commentaires ne seront cependant pas modérés avant dimanche soir)

Le lien vers Rue89

Le Texte de Jaurès :

L'Education Populaire et les "patois"

 

« Il y a un an, dans le loisir d’esprit de nos vacances parlementaires, j’avais discuté la thèse de ceux qui croient pouvoir ressusciter en France une civilisation méridionale autonome et faire de la langue et de la littérature du Languedoc et de la France un grand instrument de culture. J’avais établi, je crois, qu’il y a là une grande part de chimère, que la langue et la littérature de la France étaient désormais et seraient de plus en plus pour tous les Français le moyen essentiel de civilisation, qu’au demeurant l’entreprise méridionale n’avait pas le caractère « populaire » et spontané qu’on affectait d’y voir ; qu’elle était pour une large part l’œuvre préméditée de bourgeois cultivés, pénétrés des lettres classiques, et qui avaient retrouvé et ranimé, par érudition autant que par inspiration des sources longtemps endormies ; j’ajouterai qu’au demeurant la création littéraire de ces hommes était souvent raffinée, plus large et virgilienne, mais de forte tradition païenne avec Fourès ; amoureuse, vivante, et passionnée mais de tour et de souvenir hellénique chez Aubanel ; et que seuls ceux qui connaissaient les grands chemins battus du Parnasse et de l’Olympe pouvaient goûter tout le charme de ces sentiers sinueux de la poésie méridionale qui courent en feston le long des grandes routes glorieuses.

 

Mais je disais aussi avec une force de conviction qui ne fait que s’accroître que ce mouvement du génie méridional pouvait être utilisé pour la culture du peuple du Midi. Pourquoi ne pas profiter de ce que la plupart des enfants de nos écoles connaissent et parlent encore ce que l’on appelle d’un nom grossier « le patois ». Ce ne serait pas négliger le français : ce serait le mieux apprendre, au contraire, que de le comparer familièrement dans son vocabulaire, sa syntaxe, dans ses moyens d’expression, avec le languedocien et le provençal. Ce serait, pour le peuple de la France du Midi, le sujet de l’étude linguistique la plus vivante, la plus familière, la plus féconde pour l’esprit. Par là serait exercée cette faculté de comparaison et de raisonnement, cette habitude de saisir entre deux objets voisins, les ressemblances et les différences, qui est le fond même de l’intelligence. Par là aussi, le peuple de notre France méridionale connaît un sentiment plus direct, plus intime, plus profond de nos origines latines. Même sans apprendre le latin, ils seraient conduits, par la comparaison systématique du français et du languedocien ou du provençal, à entrevoir, à reconnaître le fonds commun de latinité d’où émanent le dialecte du Nord et le dialecte du Midi. Des siècles d’histoire s’éclaireraient en lui et, penché sur cet abîme, il entendrait le murmure lointain des sources profondes. Et tout ce qui donne de la profondeur à la vie est un grand bien. Aussi, le sens du mystère qui est pour une grande part le sens de la poésie, s’éveille dans l’âme. Et elle reçoit une double et grandiose leçon de tradition et de révolution, puisqu’elle a, dans cette chose si prodigieuse et si familière à la fois qu’est le langage, la révélation que tout subsiste et que tout se transforme. Le parler de Rome a disparu, mais il demeure jusque dans le patois de nos paysans comme si leurs pauvres chaumières étaient bâties avec les pierres des palais romains.

 

Du même coup, ce qu’on appelle « le patois », est relevé et comme magnifié. Il serait facile aux éducateurs, aux maîtres de nos écoles de montrer comment, aux XIIe et XIIIe siècles, le dialecte du Midi était un noble langage de courtoisie, de poésie et d’art ; comment il a perdu le gouvernement des esprits par la primauté politique de la France du Nord, mais que de merveilleuses ressources subsistent en lui. Il est un des rameaux de cet arbre magnifique qui couvre de ses feuilles bruissantes l’Europe du soleil, l’Italie, l’Espagne, le Portugal. Quiconque connaîtrait bien notre languedocien et serait averti par quelques exemples de ses particularités phonétiques qui le distinguent de l’italien, de l’espagnol, du catalan, du portugais, serait en état d’apprendre très vite une de ces langues. Et même si on ne les apprend pas, en effet, c’est un agrandissement d’horizon de sentir cette fraternité du langage avec les peuples latins. Elle est bien plus visible et sensible dans nos dialectes du Midi que dans la langue française, qui est une sœur aussi pour les autres langues latines, mais une sœur un peu déguisée, une sœur « qui a fait le voyage de Paris ». L’Italie, l’Espagne, le Portugal s’animent pour de plus hauts destins, pour de magnifiques conquêtes de civilisation et de liberté. Quelle joie et quelle force pour notre France du Midi si, par une connaissance plus rationnelle et plus réfléchie de sa propre langue et par quelques comparaisons très simples avec le français d’une part, avec l’espagnol et le portugais d’autre part, elle sentait jusque dans son organisme la solidarité profonde de sa vie avec toute la civilisation latine ! Dans les quelques jours que j’ai passés à Lisbonne, il m’a semblé plus d’une fois, à entendre dans les rues les vifs propos, les joyeux appels du peuple, à lire les enseignes des boutiques, que je me promenais dans Toulouse qui serait restée une capitale, qui n’aurait pas subi, dans sa langue une déchéance historique et qui aurait gardé, sur le fronton de ses édifices, comme à la devanture de ses plus modestes boutiques, aux plus glorieuses comme aux plus humbles enseignes, ses mots d’autrefois, populaires et royaux. De se sentir en communication avec la beauté classique par les œuvres de ses poètes, de se sentir en communication par sa substance même avec les plus nobles langues des peuples latins, le langage de la France méridionale recevra un renouveau de fierté et de vie. Notre languedocien et notre provençal ne sont guère plus que des baies désertées, où ne passe plus le grand commerce du monde ; mais elles ouvrent sur la grande mer des langages et des races latines, sur cette « seigneurie bleue » dont parle le grand poète du Portugal.

 

Il faut apprendre aux enfants la facilité des passages et leur montrer par delà la barre un peu ensablée, toute l’ouverture de l’horizon.

J’aimerais bien que les instituteurs, dans leurs Congrès, mettent la question à l’étude.

C’est de Lisbonne que j’ai écrit ces lignes, au moment de partir pour un assez lointain voyage, où je retrouverai d’ailleurs, de l’autre côté de l’Atlantique, le génie latin en plein épanouissement. C’est de la pointe de l’Europe latine que j’envoie à notre France du Midi cette pensée filiale, cet acte de foi en l’avenir, ces vœux de l’enrichissement de la France totale par une meilleure mise en œuvre des richesses du Midi latin. »

Jean Jaurès 

(« La Dépêche » – 15 août 1911)

 

Méthode comparée

 

« Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion d’admirer en pays basque, comment un antique langage, qu’on ne sait à quelle famille rattacher, avait disparu. Dans les rues de Saint-Jean-de-Luz on n’entendait guère parler que le basque, par la bourgeoisie comme par le peuple ; et c’était comme la familiarité d’un passé profond et mystérieux continué dans la vie de chaque jour. Par quel prodige cette langue si différente de toutes autres s’est-elle maintenue en ce coin de terre ? Mais quand j’ai voulu me rendre compte de son mécanisme, je n’ai trouvé aucune indication. Pas une grammaire basque, pas un lexique basque dans Saint-Jean-de-Luz où il y a pourtant de bonnes librairies. Quand j’interrogeais les enfants basques, jouant sur la plage, ils avaient le plus grand plaisir à me nommer dans leur langue le ciel, la mer, le sable, les parties du corps humain, les objets familiers ! Mais ils n’avaient pas la moindre idée de sa structure, et quoique plusieurs d’entre eux fussent de bons élèves de nos écoles laïques, ils n’avaient jamais songé à appliquer au langage antique et original qu’ils parlaient dès l’enfance, les procédés d’analyse qu’ils sont habitués à appliquer à la langue française. C’est évidemment que les maîtres ne les y avaient point invités. Pourquoi cela, et d’où vient ce délaissement ? Puisque ces enfants parlent deux langues, pourquoi ne pas leur apprendre à les comparer et à se rendre compte de l’une et de l’autre ? Il n’y a pas de meilleur exercice pour l’esprit que ces comparaisons ; cette recherche des analogies et des différences en une matière que l’on connaît bien est une des meilleures préparation de l’intelligence. Et l’esprit devient plus sensible à la beauté d’une langue basque, par comparaison avec une autre langue il saisit mieux le caractère propre de chacun, l’originalité de sa syntaxe, la logique intérieure qui en commande toutes les parties et qui lui assure une sorte d’unité organique.

 

Ce qui est vrai du basque est vrai du breton. Ce serait une éducation de force et de souplesse pour les jeunes esprits ; ce serait aussi un chemin ouvert, un élargissement de l’horizon historique.

 

Mais comme cela est plus vrai encore et plus frappant pour nos langues méridionales, pour le limousin, le languedocien, le provençal ! Ce sont, comme le français, des langues d’origine latine, et il y aurait le plus grand intérêt à habituer l’esprit à saisir les ressemblances et les différences, à démêler par des exemples familiers les lois qui ont présidé à la formation de la langue française du Nord et de la langue française du Midi. Il y aurait pour les jeunes enfants, sous la direction de leurs maîtres, la joie de charmantes et perpétuelles découvertes. Ils auraient aussi un sentiment plus net, plus vif, de ce qu’a été le développement de la civilisation méridionale, et ils pourraient prendre goût à bien des œuvres charmantes du génie du Midi, si on prenait soin de les rajeunir un peu, de les rapprocher par de très légères modifications du provençal moderne et du languedocien moderne.

 

Même sans étudier le latin, les enfants verraient apparaître sous la langue française du Nord et sous celle du Midi, et dans la lumière même de la comparaison, le fonds commun de latinité, et les origines profondes de notre peuple de France s’éclaireraient ainsi, pour le peuple même, d’une pénétrante clarté. Amener les nations et les races à la pleine conscience d’elles-mêmes est une des plus hautes œuvres de civilisation qui puissent être tentées. De même que l’organisation collective de la production et de la propriété suppose une forte éducation des individus, tout un système de garanties des efforts individuels et des droits individuels, de même la réalisation de l’unité humaine ne sera féconde et grande que si les peuples et les races, tout en associant leurs efforts, tout en agrandissant et complétant leur culture propre par la culture des autres, maintiennent et avivent dans la vaste Internationale de l’humanité, l’autonomie de leur conscience historique et l’originalité de leur génie.

 

J’ai été frappé de voir, au cours de mon voyage à travers les pays latins, que, en combinant le français et le languedocien, et par une certaine habitude des analogies, je comprenais en très peu de jours le portugais et

 

l’espagnol. J’ai pu lire, comprendre et admirer au bout d’une semaine les grands poètes portugais. Dans les rues de Lisbonne, en entendant causer les passants, en lisant les enseignes, il me semblait être à Albi ou à Toulouse. Si, par la comparaison du français et du languedocien, ou du provençal, les enfants du peuple, dans tout le Midi de la France, apprenaient à retrouver le même mot sous deux formes un peu différentes, ils auraient bientôt en main la clef qui leur ouvrirait, sans grands efforts, l’italien, le catalan, l’espagnol, le portugais. Et ils se sentiraient en harmonie naturelle, en communication aisée avec ce vaste monde des races latines, qui aujourd’hui, dans l’Europe méridionale et dans l’Amérique du Sud, développe tant de forces et d’audacieuses espérances. Pour l’expansion économique comme pour l’agrandissement intellectuel de la France du Midi, il y a là un problème de la plus haute importance, et sur lequel je me permets d’appeler l’attention des instituteurs. »

 

Jean Jaurès

("Revue de l'Enseignement Primaire"  - 15 octobre 1911)

 

Par Gaëlle Lenfant
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Commentaires

Bon vespre - bonsoir Les langues régionales participent de la diversité. Elles sont un moyen, par le multi-linguisme, d'éveiller l'enfant aux multiples réalités qui l'entourent. A l'heure de la mondialisation libérale qui impose ses standards uniques, le Mac-Do, Dysney, l'économie de marché, le globish ( global english )... il nous faut répondre par une multiplicité des propositions. Le régime crétois, le manger local et bio, pour éviter que les poires fassent, encore plus à l'heure du pétrole cher, le tour du monde avant de finir dans nos assiettes, les cultures et les formes musicales alternatives et traditionnelles ( les deux pouvant et devant se mélanger ), l'économie solidaire et le tiers secteur et bien entendu les langues régionales. Résister c'est promouvoir plusieurs langues! A l'heure des enjeux planétaires il ne faut pas oublier que le français est aussi une langue régionale. Alors aujourd'hui comme hier ( voir Jaurès ) plutôt que d'opposer nous devons compléter, juxtaposer, coordonner, préserver l'ensemble de ces langues qui, français compris, appartiennent au patrimoine mondial de l'humanité. L'histoire prend parfois des chemins tortueux mais le plus sûr moyen de protéger le français se trouve, j'en ai la conviction profonde, dans la promotion des langues régionales. J'ajouterai pour notre occitan provençal qu'au travers de ce media ce sont des générations entières d'immigrés qui ce sont intégrées, et c'est une deuxième génération qui le dit. Aujourd'hui, même si la langue n'est plus si vivace ceux qui ont le plus l'accent, les expressions, "lo biais de parlar" sont les jeunes de nos cités. Preuve que notre culture, et quelque part notre langue, continue à se transmettre et contribue à tisser un lien social que les relations strictement marchandes mettent tant à mal. Lorsqu'on est de gauche on doit s'interroger sur le sens de ces valeurs et, du moins il me semble, en assurer la promotion. Coralament Hervé GUERRERA
Commentaire n°1 posté par Hervé GUERRERA le 24/06/2008 à 01h10
Sans aller très loin, je vais essayer de résumer ma position au sujet de la "constitutionnalisation" des langues de France. Le français s'est imposé en France et a cru bon de le faire contre les langues régionales. La France veut aujourd'hui, par sa représentation nationale, inscrire ces langues dans l'univers du droit. Une fois inscrites dans la Constitution nos langues bretonne, occitane, corse, etc. un travail législatif pourra avoir lieu pour dire en fait quels sont les droits à l'enseigner, l'entendre à la radio, etc. Aujourd'hui, toute loi et toute mesure législative en faveur des locuteurs de langues régionales -je dois le rappeler, qui sont citoyens français !- est retoquée par le Conseil constitutionnel. Autrement dit, légiférer ne sert à rien. Un comble dans une démocratie. Une fois nos langues inscrites dans la Constitution, il deviendra donc possible de porter leur avenir en débat à l'Assemblée nationale. En bonne démocratie, cela devrait être possible non ? Ceci dit, merci Gaëlle Lenfant de mettre en débat une question pour laquelle vous avez une opinion apparemment divergente de la mienne. Vous êtes en cela dans la lignée de Voltaire, et donc il y a de l'intérêt à discuter avec vous de la chose publique. Doncas, en tota bòna amistat, vos disi lo bòn vespre, e esperi que deman auretz un pauc cambiar vòstre avejaire. Traduction au prochain débat, si nécessaire...
Commentaire n°2 posté par Neumuller le 24/06/2008 à 21h18
Les langues régionales font partie du patrimoine national.Il n'y a rien de plus réjouissant que la diversité,( dans tout les domaines ) et rien de plus triste que l'uniformité.Pour ceux qui ont le syndrome de la tour de Babel,ils doivent être cohérents,et agir activement pour l'emploi de l'Espéranto à l'echelle planétaire. Salutations.
Commentaire n°3 posté par Ives Jestin le 24/06/2008 à 21h25
Bonjour, Que les langues régionales fassent partie de notre patrimoine, je vous l'accorde bien volontiers. Qu'elles puissent être enseignées, parce qu'elles sont source de diversité, de culture, d'ouverture au monde, oui, bien sûr. Mais la question que je pose porte sur leur constitutionnalisation. Quel est l'objectif poursuivi ? La reconnaissance (c'est à dire + de reconnaissance qu'actuellement, donc) ? Mais alors, convenez avec moi que, d'une part, reconnaître les langues régionales avant notre langue nationale, le français, puisse choquer certains, dont je suis. Et d'autre part que cette inscription à l'article 1 de notre constitution ne permettra certainement pas que chacun d'entre nous parle une ou plusieurs langue(s) régionale(s) comme par magie. Alors quel est l'objectif véritable ? Ma crainte est de voir certains lobbies régionalistes dont je ne partage pas les valeurs politiques (je ne parle pas de vous ici, vous le comprendrez aisément)demander demain des droits particuliers pour ceux qui parleraient telle ou telle langue. Et comme le rappelle justement Neumuller, nous sommes citoyens français, que nous parlions ou non telle ou telle langue régionale. Et nous devons continuer à avoir les mêmes droits, comme les mêmes devoirs. Quant à savoir s'il était bon que le français s'impose contre les langues régionales : ma réponse est oui. En effet, je suis intimement persuadée que sinon, nous n'uarions pu aboutir à une telle unité du territoire. Alors certes, cela s'est parfois accompagné de violences qui peuvent être condamnables (en Bretagne notamment). Mais je le redis, c'est une décision que j'approuve pleinement. Pour terminer sur l'Espéranto : c'est une très belle idée, mais qui, je crois, n'a a que très peu de chance de se réaliser hors certains cercles intellectuels. Je dis cela d'autant plus volontiers que j'avais tenté de l'apprendre durant mes études, je ne suis pas contre l'espéranto, au contraire, mais ne pensez-vous pas que ce soit l'anglais qui joue ce rôle aujourd'hui ? (Cela ne signifie pas que je souhaite la disparition de l'Espéranto, je crois cette langue "artificielle" très utile à de nombreux points de vue. Et ne serait-ce que parce que l'idée est belle, elle doit vivre) Bien à vous tous, Gaëlle Lenfant
Commentaire n°4 posté par Gaëlle Lenfant le 25/06/2008 à 10h22
Bonjorn Gaelle, et oui un petit commentaire, à propos du récent débat sur les langues dites régionales", terme évidemment incorrecte mais qui a l'avantage pour les adversaires de ces langues de les minimiser un peu plus. Une langue est une langue et les classifications sont dangereuses et réductrices, les partisans de la francophonie et de la diversité culturelle face l'hégémonie anglophone le savent bien. D'ailleurs le ministère de la culture n'en déplaise à Mme rue du plateau calcaire (carrerre d'encausse j'ai désoccitanisé son nom à se demande bien sûr ! ) utilise le terme de langues de France. Ne sommes -nous pas français nous qui parlons breton, basque ou occitan, ne payons-nous pas nos impots, ne participons-nous pas à la richesse de ce pays ? Quant à la question du communautarisme, en effet nombre de communautés cherchent à acquérir des droits pour leur pratique religieuse ou autre. Mais que je sache, la langue française n'est pas une religion, alors pourquoi, le corse ou le catalan le seraient-ils ? En Bretagne parler breton serait un communautarisme, allons ! alors en France il y a 63 millions de communautaristes, car nous parlons tous français ça c'est sûr ! En achevant l'élimination programmée des langues de France on ne rend aucun service à la France, à la république ou à l'identité fançaise selon que l'on soit d'extrême droit ou de la gauche mélanchonico-chevenementiste. Quel honneu, quelle gloirer ya-t-il à tirer sur des malades ce que sont les langues de France car si on ne fait rien elles vont disparaitre. Et pourtant ces langues ont beaucoup à nous dire et pas seulement sur notre patrimoine, notre histoire ou nos traditions. Non , dans le débat actuelle elle nous parle de nous, de notre société et de son avenir. Sur nos représentations: les ethnotypes souvent racistes du méridional flémard, colérique et lache qui seraient désormais intolérables vis à vis d'une personne de couleur demeurent très tendances dans les salons. En France les provinciaux existent encore. Même monsieur Charasse au sénat verse là-dedans au mépris de ses concitoyens auvergnats quand il compare leur parler à de la soupe. Moi je suis provençal car je suis pas provincial et toi ?... Ces langues nous parlent du regard que nou sa vons sur notre environnement, par exemple en Provence sur les choix économiques qui y sont faits depuis 5 décennies autour du tout tourisme, du tout service, du tout lotissement sans aucune réflexion sur les conséquences : détérioration des sols, du tissu social et des solidarités , atteintes graves à l'environnement et à la santé par le recours quasi exclusif à la voiture. Avoir conscience de sa langue , de son histoire, c'est aussi poser un regard critique sur un certain sens du progrès qui ne respecte pas les hommes. Quand les flux de communications et les espaces de loisirs, decultures ne sont plus organisés que pour des touristes et plus pour les populations locales ça s'appelle comment ? Mais je ne suis pas fataliste, sinon je ne t'écrirai pas, je crois aux hommes et aux femmes de notre belle Provence et je crois surtout en la jeunesse. Tu es donc concernée, et d'ailleurs je finirai avec un sondage tout à fait sérieux réalisé un institut de sondages pour un grand quotidien : Ouest France, il indique que 68% de la population est favorable à l'initiative des députés sur l'amendement de l'article 1. Mais surtout c'est chez les jeunes et les urbains que les taux favorables sont les plus élevés, comme quoi l'association souvent simpliste "langues régionales, langues qui n'intéressent que des vieux ruraux réac, etc...a peut-être vécu c'est même amusant après les prises de position du Sénat et de l'académie franaçaise une bande de jeunes si il en est...
Commentaire n°5 posté par jérome guirand le 26/06/2008 à 20h25
Bonjour Jérôme,

J'ai un peu de mal à suivre ton argumentaire, mais peut-être est-ce parce que je me suis moi-même mal exprimée. Reprenons dans l'ordre.
Sur le terme "langue régionales" tout d'abord. Voilà un sujet sur lequel on ne s'accordera pas, je pense. Pour moi, il y a le français, langue nationale, c'est à dire langue de notre nation française, celle qui a permis la territorialisation dont je parlais dans un précédent commentaire. Et des langues régionales, qui n'ont pas à avoir le statut de langues nationales.
Cela ne signifie pas que je souhaite leur disparition, ni même les minimiser,  je souhaite au contraire que toutes ces langues, dont je considère qu'elles font partie de notre richesse et notre patrimoine puissent continuer d'exister et de vivre, bien sûr, mais je ne souhaite pas qu'on leur accorde (à elles et à ceux qui les parleraient) un statut particulier. Je sais que l'exemple de la Belgique est très (trop) facile, mais tout de même, nous avons là une actualité qui donne à réfléchir.
Cela dit, je suis d'accord avec toi, une langue est une langue (c'est d'ailleurs une Lapallissade !) mais est-ce si dangereux de dire du latin qu'il s'agit d'une langue "morte" ? Du français une langue "indo-européenne" ? De l'esperanto qu'il est une langue "artificielle" (ou créée) et du corse que c'est une langue "régionale" ? Ce sont des classifications, mais très honnêtement je ne vois pas de danger là dedans.
Tu as l'air de dire que je ne considèrerais pas comme français les locuteurs de langues régionales : mais c'est du contraire dont il s'agit (voir commenatire précédent) : je ne souhaite pas que la nation française se divise voilà tout. Si tu considères comme synonyme "nation française" et "communauté française", soit. Cela dit, non, nous ne parlons malheureusement pas tous français. Au coeur de l'île de la Réunion, par exemple, les enfants arrivent à l'école sans connaître un mot de français quand les enseignants, eux, ne connaissent parfois pas un mot de créole. Et cela crée des situations compliquées.
Encore une fois, il n'est pas question d'achever ces langues, et tes attaques, par lesquelles tu accoles extrême droite et "gauche mélanchonico-chevenementiste" pour, à ce qu'il semble, me faire rentrer dans cette catégorie (extremedroite-gauchePS-MRC) ne sont pas très fines, avoue le.
Je n'ai jamais dit qu'il ne fallait rien faire, j'ai dit que je ne souhaitais pas l'inscription à l'artile premier de notre Constitution. Ce n'est tout de même pas la même chose.
Au sujet du terme provincial : ça ne me dérange pas d'en être une. Le parisianisme m'agace souvent, mais je n'ai jamais pris comme une insulte le terme de "provinciale", bien au contraire, j'en suis fière.  Et si je suis provençale, je suis aussi bretonne et normande, est-ce grave docteur ?
Je n'ai pas saisi ton parallèle entre langues et tout tourisme, service, voiture etc ? Le regard sur son histoire dont tu parles peut-être posé par la connaissance de plusieurs langues bien sûr, au nombre desquelles j'incluerais si tu permets le grec et le latin et, pour le sud, l'italien, l'espagnol et l'arabe. Bien sûr qu'une telle connaissance apporte un regard bien plus perçant (pas persan) sur notre civilisation, et permet donc une meilleure réflexion quant aux avenirs possibles. Mais ajoute à cela aussi la connaissance de notre histoire, des sciences, de la philosophie...
Que signifie "population locale" ? Ceux qui sont nés là ? Ceux dont les parents sont nés là ? Ou ceux qui ont choisi d'y venir quelques temps ? Un allemand venant s'installer à Gréoux les bains, au bout de combien de temps le considèrera-t-on comme "population locale" ? Je caricature tes propos, je le sais bien, mais attention tout de même à ces expressions. Personnellement, ça me dérange.
Sur la fin de ton propos : ce sondage ne m'étonne absolument pas. En gros, les gens sont d'accord avec cet amendement lorsqu'ils vivent dans des endroits où le communautarisme linguistique n'existe pas (plus). En revanche, les vieux de la campagne, eux, sont d'accord avec moi. Peut-être parce qu'ils ont souffert d'incompréhension linguistique au cours de leur vie, va savoir...
Réponse de Gaëlle Lenfant le 27/06/2008 à 13h28
LA FRANCE EN TETE Par Jean-Luc Mélenchon Sénateur de l’Essonne Un malentendu offensant est artificiellement entretenu depuis le vote du Sénat concernant les langues régionales. A en croire les officines régionalistes le Sénat aurait « rejeté les langues régionales ». Il n’en est rien. Personne au Sénat ne s’oppose à l’usage ou au développement des langues et cultures régionales. Il n’existe aucune persécution en France du fait de leur usage. Nul ne conteste qu’elles font bien partie du patrimoine de notre pays. Mon discours au Sénat souligne la richesse qu’elles apportent à notre pays et à l’identité personnelle de leurs locuteurs. Le Sénat ne leur a pas non plus refusé une reconnaissance officielle qui leur ferait défaut. Car elles sont déjà reconnues et protégées par la loi. Et depuis longtemps : dès 1951 la loi du socialiste Deixonne permet qu’elles soient enseignées à l’école publique. De nouvelles langues ont été reconnues depuis en plus du breton, du basque, du catalan et de l’occitan. Leur enseignement est désormais proposé à tous les niveaux, y compris pour le baccalauréat. Si le nombre de locuteurs des langues régionales diminue et que leur âge moyen s’élève, il faut donc en chercher la cause ailleurs que du côté de la République et des parlementaires. Et il faut cesser de s’en servir comme paravent d’une mise en cause de l’unité linguistique de la Nation. Car l’usage du français, langue officielle de notre République, est le principal ciment de l’unité nationale que nous avons tous en charge et nous spécialement élus de la nouvelle France en brassage que sont nos banlieues. A quoi nous opposons nous alors ? Nous nous opposons à l’adoption de la « Charte des langues régionales ». C’est tout autre chose. Certes une bonne partie de ses dispositions sont certes d’ors et déjà appliquées en France. Mais celles qui ne le sont pas ont été repoussée par le Conseil constitutionnel parce qu’elles remettent en cause l’égalité des citoyens en conférant des droits particuliers à des groupes de locuteurs. Ces dispositions ont été imaginées pour des pays où existent des minorités nationales. Il n’y en a pas en France. Le danger que représentent ces articles pour les Etats unitaires comme le notre explique que 23 pays membres du Conseil de l’Europe aient refusés de les signer. La référence aux langues régionales dans la Constitution n’aurait aucune autre conséquence pratique que de rendre possible l’adoption des ces articles dangereux de la Charte. C’est cela qu’a rejeté le Sénat dans son vote du 19 juin. Et non les langues régionales. Le Sénat a dit qu’elles n’avaient pas leur place dans l’article 1er de la Constitution qui dispose que la République « une et indivisible » assure « l’égalité de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Cette définition remonte à septembre 1792. Elle s’oppose à la reconnaissance par la constitution d’un particularisme, quel qu’il soit, fut-il linguistique, dans la mesure où celui-ci ne concerne pas tous les citoyens, et en distingue certains par rapport à d’autres. Sinon pourquoi seules les langues régionales seraient-elles mentionnées dans la Constitution à l’exclusion d’autres particularités personnelles qui font tout autant partie du patrimoine de la France. Enfin, comme s’en est ému l’Académie française, rien ne justifiait que la Constitution évoque les langues régionales avant même de faire référence au français qui n’est mentionné que dans l’article 2 de la Constitution. Cette préséance renversait la priorité publique accordée dans notre pays à la langue française depuis l’ordonnance de Villers-Cotterêts du 10 août 1539. J’appelle mes compatriotes à la vigilance. Qu’ils ne se laissent pas abuser. Je sais qu’ils ne voudraient pas voir leur attachement légitimes à l’identité de terroir être détourné pour injurier l’amour de leur patrie républicaine et nuire à l’égalité laïque des citoyens de France.
Commentaire n°6 posté par jean-luc Mélenchon le 27/06/2008 à 18h17
Il me semble souvent que l'on confond dans ce débat l'envie de se battre pour un patrimoine et l'article de la constitution d'un pays qui va lui fixer ses bases. Le fait d'être tous égaux devant la loi est pour moi constitutif pas le fait d'avoir une langue régionale (bien que je pense qu'il est fondemental d'essayer de faire vivre les langues régionales mais pas les régionalismes et pire les réseaux régionalistes). D'autant que si l'on accepte cela pourquoi s'arréter aux langues. Si une partie de l'identité de la France se trouvent dans les régions l'article premier devrait s'ouvrir sur tout se qui fait le patrimoine d'une région c'est à dire son histoire, sa langue, sa musique, sa cuisine, .... Pour moi il me semble que la langue régionale fait partie du patrimoine culturel pas de la constitution de la France en tant que pays.
Commentaire n°7 posté par almeras le 28/06/2008 à 16h45
Je me permets de vous citer "mais est-ce si dangereux de dire du latin qu'il s'agit d'une langue "morte" ? Du français une langue "indo-européenne" ? De l'esperanto qu'il est une langue "artificielle" (ou créée) et du corse que c'est une langue "régionale" ? Ce sont des classifications, mais très honnêtement je ne vois pas de danger là dedans". Je pense qu'il y a méprise, et que vous ne comparez pas ce qui est comparable : De dire que le français est une langue indoeuropéenne, et que le corse est une langue régionale n'a rien à voir. Le corse est également une langue indo européenne. Vous comparez statut politique et orgine de la langue. Ainsi dire d'une langue qu'elle est régionale, et d'une autre qu'elle est nationale n'a rien de scientifique ni de définitif. Cette appellation n'est que le fruit d'un statut où gouvernement français succecifs ont placés les langues dites régionales. Pour preuve, certaines langues dites "régionales" en france, sont nationales ou officielles ailleurs : Basque, occitan, néerlandais, catalan... On ne peut donc pas s'appuyer sur une vision politique d'un pays pour pouvoir classer scientifiquement une langue. Donc, écrire encore et toujours que nos langues sont "régionales" est en effet abusif. Ou alors, le suedois à ce rythme est une langue régionale. Ce besoin de coller l'adjectif "régional" à nos langue ne vise qu'à perpetuer, dans nos conciences, un statut de fait minorisé. ;)
Commentaire n°8 posté par TEB le 04/09/2008 à 17h26

  • Engagée au Parti socialiste depuis le 22 avril 2002, je suis depuis 2010 Vice-présidente de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Je suis candidate aux législatives dans la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône.

  

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Lundi 13 février
▪ 9h30 Conseil d'administration du lycée Valabre - Gardanne
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Mercredi 15 février
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Jeudi 16 février
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▪ 14h30 Comité de pilotage de l'opération programmée d'amélioration de l'habitat - Pertuis
▪ 16h Visite des Pennes-Mirabeau
▪ 18h30 Réunion de section PS - Les Pennes-Mirabeau 

Vendredi 17 février
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Samedi 18 février
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