25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 09:38
Hier matin, sur France Culture, l'invité était Eric Woerth, ministre du budget, des comptes publics et de la fonctoins publique. Il venait défendre la somptueuse campagne publicitaire du gouvernement. Vous savez, celle sur notre impatience à tous... Nicolas Sarkozy (ça, on savait depuis belle lurette déjà qu'il trépigne. Pour tout. Chaque fois) et nous (serait-ce à dire que nous nous transformons tous petit à petit en Nicolas Sarkozy ?)

Bref, Mr le ministre était à l'antenne pour défendre cette campagne. Mais Ali Badou lui a également posé quelques questions sur la sécurité sociale, et j'avoue que ses réponses m'ont fait sursauté...

Premier élément, sachez que notre sécu va bien. Pourquoi ? Parce qu'il y a 3 ou 4 ans, le déficit se montait à plus de 10 milliards. Et maintenant c'est mieux. Bien sûr, à aucun moment Mr Woerth n'a rappelé que le régime général de la sécurité sociale était bénéficiaire en 2001, sous le gouvernement Jospin...

Deuxième élément, je cite : "Je ne connais pas quelqu'un qui, en France, puisse ne pas être soigné pour des raisons financières" Eh bien à entendre cela, il y a de quoi penser que Mr Woerth ne rencontre pas grand monde, parce que des exemples, je pourrai lui en présenter à la pelle... 

Je conseillerai au ministre la ecture de cet intéressant article de l'observatoire des inégalités dont voici un court extrait :
"Certains résultats sont pourtant frappants. Les différences de mortalité entre milieux sociaux ne se sont pas réduites entre le début des années 80 et le milieu des années 90. Elles se sont même accrues chez les hommes, avec un écart d’espérance de vie qui à 35 ans atteint sept ans entre les ouvriers et les cadres, et des disparités liées à la fois au diplôme, à la catégorie socio-professionnelle et aux revenus. On retrouve ces différences dans pratiquement tous les domaines de la morbidité, qu’il s’agisse des maladies cardio-vasculaires ou du cancer, en passant par les accidents, les problèmes dentaires et la santé mentale. Elles persistent aussi en matière de recours à la prévention et aux soins, où la qualité des couvertures complémentaires joue une rôle déterminant, même si la CMU a, malgré ses limites, diminué les renoncements aux soins des ménages les plus modestes. Et, au-delà des pathologies et de leur prise en charge, les conséquences des problèmes de santé s’avèrent d’autant plus graves pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes atteintes qu’elle sont au départ dans des situations socio-économiques moins favorables."

Vous pourrez également consulter l'article "les inégalités devant la santé précaire" sur le site du Parti socialiste (article paru dans l'hebdo).

A écouter Mr Woerth, on se dit qu'il vaut mieux, si on est pauvre, être en bonne santé à tout point de vue (pas de problème de dents, de vue, pas de maladie, de handicap...) ce qui, malheureusement, n'est pas le cas, puisqu'on le sait, les pauvres meurent plus tôt que les riches, faute, bien souvent, de prévention... Mais puisque pour lui, un des problèmes de la sécurité sociale est l'augmentation des dépenses notamment parce qu'on vit plus longtemps, tout va pour le mieux : plus on fera payer les patients moins les pauvres pourront se soigner donc plus ils mourront tôt donc mieux ira la sécu ! Logique, mon cher Watson...

(pour écouter la matinale de France Culture, c'est ici)

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Publié par Gaëlle Lenfant
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Gaëlle Lenfant 25/06/2008 16:16

Je complète mon billet avec ce message de Ensemble pour une santé solidaire, qui va dans le même sens.
Leur site :
http://ensemblepourunesantesolidaire.fr/index.php

« Nous devons faire face à la hausse tendancielle des dépenses liée à l'accroissement de la prévalence de pathologies lourdes et chroniques : actuellement, 40 % de la population concentre 90 % des remboursements […]
Il faut donc adapter les conditions d'entrée en ALD tout en développant la prévention.
Nous proposons aussi de transférer aux organismes complémentaires le ticket modérateur des médicaments à vignette bleue (remboursés à 35 %). Compte tenu des baisses de tarifs concomitantes sur les médicaments, cette mesure pourrait être mise en oeuvre sans augmentation de leurs charges. »

Le Gouvernement, par la voix de Frédéric Van Roekeghem, dans une interview accordée le 24 juin au magazine « les échos » directeur de la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie, persiste et signe.
Pour diminuer les dépenses de l’assurance maladie, comme nous le craignions, ce sont les plus malades qui vont servir de variable d’ajustement. Les plus malades… ceux qui, grâce aux progrès de la médecine, peuvent aujourd’hui vivre plus longtemps, et mieux.
Des malades qui, demain, vivront moins longtemps, souffriront plus, et surtout subiront des complications qui coûteront beaucoup plus cher.
Mais pas à la sécurité sociale puisque, d’ici là, ce sont les assurances privées qui auront récupéré le marché juteux de la santé. Et de la dépendance.
Les assurances privées qui font payer très cher les cotisations des malades. Pour des remboursements minimum. Ou qui refusent carrément d’assurer les plus malades, ceux qui « coûtent le plus cher »
Le mouvement « ensemble pour une santé solidaire », scandalisé par cette proposition inhumaine et immorale, appelle chacun à prendre ses responsabilités et à agir fermement contre ce projet assassin. Car priver un diabétique, un cancéreux, un insuffisant rénal ou cardiaque, d’accès aux soins dont il a besoin, c’est le condamner à mourir plus vite, et à souffrir plus.
Nous appelons les responsables politiques, syndicaux, les associations, les professionnels de la santé, et tous les citoyens, car nous sommes TOUS des usagers, à réagir, rapidement.
Nous demandons aux médias de relayer largement cette information, et, très vite.
Car M. Van Roekeghem conclut ainsi l’entretien : « Plus les mesures que nous préconisons seront mises en oeuvre vite, plus le retour à l'équilibre sera conforté. »
A quel prix ?

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