Mercredi 25 juin 2008
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Hier matin, sur France Culture, l'invité était
Eric Woerth, ministre du budget, des comptes publics et de la fonctoins publique. Il venait défendre la somptueuse campagne publicitaire du gouvernement. Vous savez, celle sur notre impatience à
tous... Nicolas Sarkozy (ça, on savait depuis belle lurette déjà qu'il trépigne. Pour tout. Chaque fois) et nous (serait-ce à dire que nous nous transformons tous petit à petit en Nicolas Sarkozy
?)
Bref, Mr le ministre était à l'antenne pour défendre cette campagne. Mais Ali Badou lui a également posé quelques questions sur la sécurité sociale, et j'avoue que ses réponses m'ont fait
sursauté...
Premier élément, sachez que notre sécu va bien. Pourquoi ? Parce qu'il y a 3 ou 4 ans, le déficit se montait à plus de 10 milliards. Et maintenant c'est mieux. Bien sûr, à aucun moment Mr Woerth
n'a rappelé que le régime général de la sécurité sociale était bénéficiaire en 2001, sous le gouvernement Jospin...
Deuxième élément, je cite : "Je ne connais pas quelqu'un qui, en France, puisse ne pas être soigné pour des raisons financières" Eh bien à entendre cela, il y a de quoi penser que Mr Woerth ne
rencontre pas grand monde, parce que des exemples, je pourrai lui en présenter à la pelle...
Je conseillerai au ministre la ecture de cet intéressant article de
l'observatoire des inégalités dont voici un court extrait :
"Certains résultats sont pourtant frappants. Les différences de mortalité entre milieux sociaux ne se sont pas réduites entre le début des années 80 et le milieu des années 90. Elles se sont
même accrues chez les hommes, avec un écart d’espérance de vie qui à 35 ans atteint sept ans entre les ouvriers et les cadres, et des disparités liées à la fois au diplôme, à la catégorie
socio-professionnelle et aux revenus. On retrouve ces différences dans pratiquement tous les domaines de la morbidité, qu’il s’agisse des maladies cardio-vasculaires ou du cancer, en passant par
les accidents, les problèmes dentaires et la santé mentale. Elles persistent aussi en matière de recours à la prévention et aux soins, où la qualité des couvertures complémentaires joue une rôle
déterminant, même si la CMU a, malgré ses limites, diminué les renoncements aux soins des ménages les plus modestes. Et, au-delà des pathologies et de leur prise en charge, les conséquences des
problèmes de santé s’avèrent d’autant plus graves pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes atteintes qu’elle sont au départ dans des situations socio-économiques moins
favorables."
Vous pourrez également consulter l'article
"les inégalités devant la santé précaire" sur le site du Parti socialiste (article
paru dans l'hebdo).
A écouter Mr Woerth, on se dit qu'il vaut mieux, si on est pauvre, être en bonne santé à tout point de vue (pas de problème de dents, de vue, pas de maladie, de handicap...) ce qui,
malheureusement, n'est pas le cas, puisqu'on le sait, les pauvres meurent plus tôt que les riches, faute, bien souvent, de prévention... Mais puisque pour lui, un des problèmes de la sécurité
sociale est l'augmentation des dépenses notamment parce qu'on vit plus longtemps, tout va pour le mieux : plus on fera payer les patients moins les pauvres pourront se soigner donc plus ils
mourront tôt donc mieux ira la sécu ! Logique, mon cher Watson...
(
pour écouter la matinale de France Culture, c'est ici)