5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 11:13

Durant 3 semaines, je n’ai pas lu La Provence. Ce n’est pas un exploit, on est d’accord là-dessus. Non, ce qui est difficile, c’est de s’y remettre en gardant son calme… Dimanche, je m’étais fait la remarque que notre quotidien régional exagérait l’omission à la lecture d’un article sur Nathalie Ménigon, où pas une fois il n’est écrit qu’elle a été libérée pour raison médicale Aujourd’hui, c’est un autre article qui m’a particulièrement hérissé le poil, et je me demande si ce n’est pas le grand jeu du moment : chercher l’omission (on gagne peut-être un abonnement d’un an si on les trouve toutes, qui sait ?).

En été, il ne se passe, rien, c’est bien connu. D’où la Une de notre quotidien avec enquête sur « le chariot de La Provence [qui] fait baisser certains prix, « Encore un enfant laissé dans une voiture » le drame évité (ouf) et la colère des pêcheurs sportifs au thon pour les éditions Etang et Salon. A Aix, le thon ne faisant pas recette, on préfèrera parler d’Atmel, puisque l’entreprise est située à Rousset. A l’intérieur, tout de même, un article dans les pages Bouches-du-Rhône sur les 180 départs annoncés chez Atmel (mais chut ! Pas trop de bruit ! On est en été, ça pourrait faire fuir l’estivant). Soljénitsyne quant à lui, a droit à la dernière page…

Mais j’en viens à ce fameux article hérisseur de poils. Il se trouve aux  pages Aix. Il est inclus dans le feuilleton haletant de l’été, « à la découverte des personnages qui ont donné leur nom à nos rues ». Et il concerne Adolphe Thiers.

Personnellement, quand on me dit Thiers, je pense Commune, Foutriquet, mur des Fédérés, sang, barbarie, semaine sanglante (25 000 communards exécutés tout de même, sans parler des survivants qui se sont retrouvés au bagne…). Et je peste chaque fois que je passe dans cette rue, ou dans toute autre rue Thiers, d’ailleurs. Aucune rue ni lieu républicain ne devrait porter le nom de cet homme.

Les lecteurs de La Provence, eux, apprendront que  Thiers est né à Marseille, non… à Aix, non… à Bouc Bel Air, d’un père qui a mis un mois avant de le reconnaître, et l’a délaissé par la suite quelle horreur. Il fut élevé par sa mère et sa grand-mère, éduqué par le curé du village, sachez-le, puis étudia à Marseille dans le lycée qui portera son nom (argh).

Et comme petit poisson deviendra grand, cet homme a ensuite fait une carrière. Il y a l’épisode dont je vous parlais plus haut, et il y a ce qu’en a retenu la Provence. Je vous cite la fin de l’article : « Il deviendra avocat, puis journaliste libéral, opposé à la monarchie, avant de devenir député, ministre, président du conseil et enfin le premier président de la IIIème République ». Tout cela est vrai, bien sûr. Mais de la période de la Commune ? De Versailles ? Rien. Pas un mot. La seule phrase faisant une vague allusion à la cruauté du personnage est celle-ci : « [le fait qu’il ait étudié le droit à Aix] expliquait – à défaut de la justifier- son appropriation par notre ville » Limpide, non ?

Pour demain, je propose la vie de Charles IX sans évoquer le massacre de la Saint Batrhélémy. Ou celle du Général Nivelles sans la boucherie du Chemin des Dames…

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Publié par Gaëlle Lenfant
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Nicolas 05/08/2008 15:21

Adolphe Thiers sera également célébré à Aix, choix de la municipalité, lors des prochaines journées du patrimoine...

Gaëlle Lenfant 06/08/2008 08:33


Ceci expliquant cela ? A suivre...


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