1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 15:35
1600 kilomètres et 17 heures de route plus tard, me voici de retour de l'université d'été du Parti Socialiste. Quelques considérations anecdotiques tout d'abord, puisque visiblement c'est à la mode.

Il a fait chaud, très chaud, et j'ai bien cru tourner de l'oeil samedi après-midi en plénière, en écoutant Rocard. Ce n'est pas la faute de Rocard, c'est simplement qu'il n'y avait plus de places assises, que j'étais donc debout dans une salle surchauffée, et que j'avais dû prendre un coup de chaud au soleil dans la matinée...

L'ambiance de l'édition 2008 ne ressemblait en rien à celle de 2007 (voir le billet que j'avais fait l'an dernier ici). L'esplanade est restée très animée, c'est le moins qu'on puisse dire, du début à la fin. Avant les ateliers, pendant les ateliers, après les ateliers. Les ténors étaient tous là, (sur l'esplanade bien plus que dans les ateliers) bref, la préparation de notre congrès s'est faite assurément sentir.

Arrivée vendredi à 15 heures, j'ai voulu aller écouter le discours d'ouverture : impossible. ("La salle est pleine, par mesure de sécurité vous ne pouvez pas entrer") Il paraît qu'il y a été question de Juliette Gréco ("aimez-vous les uns les autres ou disparaissez"), mais j'imagine qu'il s'y est dit beaucoup d'autres choses, que je ne saurai pas, à moins qu'un lecteur ne fasse lumière là dessus ?

L'auditorium était beaucoup plus accessible une demi heure plus tard, pour accueillir une table ronde sur le PSE. J'y ai découvert Zita Gurmai, députée européenne hongroise, qui a fait sensation par son punch et son féminisme combatif. Le sujet était le manifeste du PSE pour 2009, et j'ai passé là un moment passionnant. C'est d'ailleurs, je l'avoue bien volontiers, le seul atelier que j'ai suivi dans son intégralité. Je ne vous ferai pas ici un compte-rendu (vous pouevz, si cela vous intéresse, vous rendre ici, vous y trouverez les comptes-rendus de tous nos travaux) mais je voudrais simplement signaler qu'il s'y est dit (Pervenche Béres) qu'en 1997, alors que nous aurions pu faire le changement, parce que les gouvernements socialistes ou sociaux démocrates étaient majoritaires en Europe, nous ne l'avons pas fait. Parce que nous n'avons pas su gouverner ensemble. D'où l'idée de ce manifeste commun pour les élections européennes de 2009. Cependant, comme l'a justement rappelé laurent Fabius, les socialistes français doivent proposer leurs idées, l'objectif n'étant pas de produire un texte dans lequel chacun serait noyé. Les 5 propositions qu'il fait lui mêmes sont dans le compte-rendu, je n'y reviens pas ici.

Je n'ai pas assisté au discours de clôture de *François Hollande, excellent orateur, et ce n'est donc pas sa verve qui m'aura marqué au cours de ce week-end, mais celle de Gérard Filoche, qui bien qu'atteint de pneumonie a su provoquer des ovations grâce à des argumentations et des formules enflammée. Il s'agissait de l'atelier consacré au code du travail. Je me souviens surtout de ce passage où il commente la formule désormais tristement célèbre de Laurence Parisot : "La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ?" Filoche lui répond en substance cela : l'humanité se bat depuis son existence contre la précarité. La vache a été inventée pour lutter contre la précarité de la chasse. L'élevage a été inventé pour lutter contre la précarité de la cueillette. Le code du travail a été inventé pour lutter contre la précarité du travail. Madame Parisot nous propose donc d'en revenir à Cro-Magnon...

J'ai vécu aussi quelques moments assez croquignolesques, comme ce début de soirée ou nous nous asseyons à une terrasse pour prendre un pot... Je réalise tout à coup que la table juste devant nous, une longue table, est occupée par des journalistes. Et avant que je n'aie eu le temps de réfléchir au pourquoi du comment, une grande bousculade s'opère : Jean-Noël Guérini, Gérard Collomb et Pierre Moscovici venaient tenir conférence de presse pour signifier leur accord. Je n'ai rien entendu, les appareil photos couvrant les paroles, mais on peut dire que j'étais aux premières loges...
Le serveur espérait que le nom du bar serait visible aux infos, on l'espère pour lui...



Pour ce qui est de l'analyse politique : Les medias ont rapporté qu'il y avait eu moult négociations, rencontres, déjeuners, dîners... Et c'est vrai. Mais est-ce mal ? Notre congrès approche, il y a 21 contributions générales (un record), et il s'agit maintenant de passer à l'étape des motions, c'est à dire de textes de politique générale incarnant une ligne. Ne nous le cachons pas, il s'agit aussi de savoir si notre premier(e) secrétaire doit ou peut être un(e) candidat(e) aux présidentielles de 2012. Je lisais hier, sur une aire d'autoroute, le titre du Figaro : "PS, la guerre des chefs s'intensifie" (de mémoire). Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une guerre. Si nous n'avions qu'un candidat et qu'un texte, le Figaro aurait alors peut-être titré : "PS : un parti de staliniens". En novembre, nous, socialistes, voteront. J'aime l'idée que nous débattions de la direction dans laquelle nous devons aller. J'aime moins, cependant, et j'ai eu l'occasion de le dire dans la lettre ouverte du début de l'été, que nous ne sachions pas nous retrouver même lorsque les lignes politiques sont semblables. Il semblerait qu'un dialogue s'instaure aujourd'hui, entre plusieurs personnalités de notre Parti que je souhaiterais personnellement voir se rejoindre. Tant mieux. D'autre part, je suis de ceux qui pensent qu'un(e) premier(e) secrétaire et un(e) candidat(e) à la présidentielle n'ont pas les mêmes fonctions, que le PS a besoin d'être mené par quelqu'un qui ne soit pas en campagne. Je n'ai pas vu de "balkanisation" à La Rochelle, j'y ai vu au contraire des rapprochements, je mets donc un gros bémol à ce que j'ai pu lire dans la presse. J'en mets un deuxième : il paraît que nous n'avons pas parlé de fond. Les journalistes étaient-ils, eux aussi, tous sur l'esplanade ? Notre congrès se prépare et i ls'agit d'un moment important pour nous. Mais à La Rochelle, nous aovns beaucoup parlé d'Europe, de social, de culture, de laïcité, de travail, d'émigration, de la politique catastrophique de la droite, d'économie, de savoir, d'écologie et de tant d'autres sujets encore... Les salles étaient souvent archi combles, parfois on ne pouvait plus entrer. Ce n'était pas si studieux que l'an dernier, c'est vrai. Nous avons beaucoup d'efforts à produire dans le domaine de la réflexion, c'est vrai aussi. Il nous faut nous tourner vers l'élaboration d'idées, de textes, de réformes sociales, pour mieux contrer la droite, c'est encore vrai. Mais le discours médiatique disant que de tout cela, nous ne faisons rien du tout est injuste.

*J'en vois certains qui se sont déjà dis "tiens, elle n'est pas restée pour écouter Hollande...c'est louche"  Mais je réponds à ceux là que même si j'apprécie beaucoup ses discours, dans lesquels il fait toujours preuve d'un humour féroce et d'une capacité oratoire fantastique, La Rochelle est à 800 km d'Aix, et que nous avons préféré écouter les discours de clôture à la radio, dans la voiture, pour, de façon très matérielle, pouvoir regagner nos pénates un peu plus tôt. Partir à 14 heures nous ferait arriver à Aix vers 23 heures, et croyez-moi, après 3 jours intenses, la fatigue du retour est bien présente... Voyage d'ailleurs très agréable, merci à mes 3 "covoitureurs" ;-)



Arrivée de F. Hollande, dimanche matin

Partager cet article

Repost 0
Publié par Gaëlle Lenfant
commenter cet article

commentaires

Accueil

Qui est Gaëlle Lenfant

Contacter Gaëlle Lenfant

Gaëlle Lenfant sur Facebook

Gaëlle Lenfant sur Twitter

Démocratie pour Aix, groupe d'opposition républicaine au conseil municipal

Section socialiste d'Aix-en-Provence

Parti socialiste