20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 09:53

 Le 17 janvier, Israël mettait fin unilatéralement à son offensive, après la mort de 1300 morts, côté palestinien. Un cessez-le-feu fragile. Et après trois semaines de bombardements, la situation humanitaire dans la Bande de Gaza est catastrophique. Aussi, pour secourir les victimes de ces attaques, les élus multiplient les initiatives d’aide et de solidarité envers un territoire dévasté.

Parer au plus pressé. En attendant une grande initiative internationale, les exécutifs locaux organisent, de leur côté, des plans d’aide à la population palestinienne. L’idée est venue de Claude Nicolet, président du Réseau de coopération décentralisée pour la Palestine (RCDP) et conseiller à la Communauté urbaine de Dunkerque (CUB), qui a lancé un appel pressant aux collectivités, en les enjoignant de s’associer à cette initiative et de multiplier les jumelages, en signe de solidarité.

” Des liens existent depuis longtemps déjà entre villes françaises et palestiniennes “, explique Claudy Lebreton, président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR). ” La question est de savoir ce que nous pouvons faire dans l’urgence. Et, surtout, comment acheminer des biens. L’essentiel, c’est d’activer les réseaux et de prendre part aux efforts de reconstruction qui suivront le conflit. ” Suite à une réunion organisée en juillet 2006, le RCDP et Cités Unies France, en concertation avec l’APLA, l’Association des pouvoirs locaux palestiniens, lançaient un appel commun au don pour la création d’un fonds de solidarité et d’aide humanitaire. Une façon de faire face à la situation dans laquelle se retrouvent les populations locales et d’assurer la « continuité de certains services publics fondamentaux » , selon Charles Josselin, sénateur des Côtes d’Armor, vice-président du Haut Conseil de la coopération internationale et président de Cités Unies France. « Notre représentation permanente en Palestine se charge d’évaluer au quotidien les besoins des collectivités dans le cadre de champs d’intervention préalablement retenus, en partenariat avec l’APLA » , ajoute l’ancien ministre qui devrait bientôt se rendre sur place.

Message politique

Face à la dramatique situation à Gaza, Claude Nicolet vient d’annoncer le lancement, auprès des collectivités, d’un fonds d’urgence. “ En 2006, une initiative similaire nous a permis de récolter 200 000 € au profit de la Palestine, “ souligne le patron du RCDP . ” Nous reconduisons la même opération cette année, parallèlement à une campagne de jumelage à Gaza et en Cisjordanie. Nous nous apprêtons également à interpeller l’Union européenne pour connaître ses intentions vis-à-vis d’Israël. “
“Enfin, nous demandons aux communes qui disposent d’équipements hospitaliers de prévoir des lits pour les blessés palestiniens “ .

La ville de Paris déploie elle aussi d’importants efforts à destination des habitants de la bande de Gaza. Début février, le Conseil municipal doit d’ailleurs délibérer sur une ligne de crédits d’urgence, dans une fourchette de 100 000 à 200 000 €. “ Ces subventions seront fléchées d’un bout à l’autre de la chaîne, en ciblant très précisément les projets” , souligne un proche du maire. “Elles devraient être reversées à l’ONG Médecins du Monde, déjà présente en Palestine. ”

La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) s’appuie, quant à elle, sur un Comité de solidarité. Sous l’autorité de Michel Vauzelle, président socialiste du Conseil régional, il a débloqué 100 000 €, répartis à part égale entre le Programme alimentaire mondial (PAM) et le tissu associatif, pour secourir les victimes des bombardements. “ Nous avons également organisé une collecte, avec le soutien de la Croix-Rouge, qui nous a permis de recueillir 70 palettes de matériel médical d’urgence, expédiées en Palestine par avion “, précise le chef de file de l’exécutif. ” Ce comité de pilotage nous offre enfin l’opportunité de délivrer un message politique fort pour éviter que le conflit ne s’importe sur notre territoire. ”

Catastrophe humanitaire

Une solidarité dans l’urgence qui repose parfois sur les liens noués, depuis plusieurs années, avec les territoires palestiniens. Déjà jumelée à Safed, en Israël, la ville de Lille a établi des contacts avec Naplouse, peu de temps après les accords d’Oslo (1993). Cette politique s’est traduite par un jumelage, en juin 1998, et la volonté de développer des relations tripartites entre la capitale des Flandres, Safed et la ville palestinienne. L’an passé, le Conseil municipal a ainsi autorisé le versement d’une cotisation de 7 500 € au RCDP. Une aide étendue à Gaza alors que la situation tourne à la catastrophe humanitaire. L’ONG « Help Doctors » a été envoyée sur place. Dépêché à Gaza par les Communautés urbaines de Lille et de Dunkerque, Régis Garrigue, médecin urgentiste, raconte l’horreur : « Il n’existe aucune trêve humanitaire, aucun corridor . Nous sommes rentrés en Palestine par l’Egypte, avec l’aide de l’Ambassade de France au Caire. Et depuis notre arrivée, nous avons évité de justesse deux bombes. Les hôpitaux sont visés et aucune protection des humanitaires n’a été prévue. »

De son côté, la commune de Rezé, en Loire-Atlantique, coopère activement, depuis un an et demi, avec Abu Dis, ville palestinienne coupée de Jérusalem par le mur de sécurité. Début novembre, une délégation s’est rendue sur place pour évaluer les besoins. C’était avant l’intervention israélienne. « Notre rôle est d’abord de faire connaître la situation des Palestiniens » , résume le maire, Gilles Retière. Lequel envisage de traduire les textes se référant à la Palestine, rédigés pour l’essentiel en anglais, afin d’informer la population. Et de coopérer dans différents domaines : développement des services publics, accueil d’étudiants palestiniens - cinq vivent actuellement à Rezé -, échanges entre universitaires, plan d’aménagement urbain, construction d’un centre dédié à la musique… Manière, pour l’élu, de se projeter dans un futur proche porteur d’espoirs alors qu’une trêve fragile se dessine.

Retrouvez cet article sur le site du PS : http://www.parti-socialiste.fr/

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Publié par Gaëlle Lenfant
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commentaires

lm 26/01/2009 19:33

Je ne veux pas attiser une polémique, mais j'ai été consternée de voir, à la télévision, dans la manifestation à laquelle participaient les élu(e)s du PS des gens crier "Israël vaincra". Je n'appelle pas ça une manifestation pour la paix.
D'autre part je voudrais rappeler, même si cela ne nous fait pas plaisir, que le Hamas a été élu à Gaza dans des élections démocratiques, les habitants le percevant sans doute comme leur seul recours pour obtenir justice, et en tout cas comme une organisation qui venait concrètement aider les gens dans leur quotidien de misère (dispensaires, nourriture, etc.).
Je pense que tout ça devrait nous amener à réfléchir, à considérer la réalité des choses et à ne pas se laisser berner par certaines informations. Nous avons, bien à l'abri dans notre petite France, le devoir de l'objectivité, et parmi nous nos concitoyens de confession juive.
N'oublions pas non plus qu'on peut être de confession juive et soutenir les Palestiniens contre la politique de l'Etat d'Israël, qu'on peut être athée et soutenir le Hamas, etc..
Nous contribuerons ainsi à la protection de tous les peuples du proche orient, sans injustice et sans exclusive.

Gaëlle Lenfant 26/01/2009 20:04


Bonsoir lm,

Vous avez raison lorsque vous dites que ce qui compte, c'est de manifester pour la paix. Je sais que les camarades qui ont participé à cette manifestation l'ont fait dans ce but. Je connais aussi
des camarades qui ont manifesté auprès de gens criant de terribles slogans antisémites. ces deux types de slogans, je ne les soutiens pas. Nous ne sommes pas dans un match où l'on prendrait
partie pour l'une ou l'autre des équipes. L'important, aujourd'hui, est d'abord à mon sens d'aider à la discussion entre la Palestine et Israël. Les manifestations qui portent le mieux ce
message sont celles qui voient défiler ensemble des personnes ayant des proches en Palestine et/ou en Israël, et qui n'aspirent qu'à la paix. Ce que nous avons fait à Aix.
Quant au Hamas, il est peut-être perçu comme le seul recours, mais les méthodes employées par ce mouvement ne sont pas, loin de là, démocratiques. Effectivement nous avons un devoir
d'objectivité, parce que nous avons le recul nécessaire. Exerçons notre devoir, et, loin de prendre parti pour l'un ou l'autre, tentons de faire en sorte que les enfants du Proche Orient puissent
grandir en paix.

Bien à vous,

Gaëlle Lenfant


Thierry 23/01/2009 07:49

Bonjour à vous,

« …L’association Elève-toi organise une opération d'aide aux victimes civils de gaza, le dimanche 25 janvier 2009 à 14 heures, salle LCR du Prépaou (à coté de la Mairie annexe) lors de cette rencontre le Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens, habilitée à œuvrer à Gaza et en Cisjordanie interviendra.
Cette ONG présentera l'ensemble des oeuvres humanitaires qu'elle met en place, non sans mal. Une collecte sera effectuée ainsi que la vente de T-shirts et de savon à l’huile d’olive de Naplouse (entièrement naturel dont le savoir faire de fabrication se transmet depuis plus de 1000 ans).
L'association Elève-toi est convaincue que c'est en adoptant une position d'impartialité et d'exigence vis à vis des deux protagonistes qu'une solution équitable pourra être trouvée. Notre réunion de soutien à la population civile de gaza n'a aucunement pour objet d'importer le conflit. Il s'agit davantage d'une action de nature à réactiver en chacun de nous les notions d'entre aide, de partage et d'échange.
En effet, outre le caractère caritatif et solidaire de cette rencontre, l’objectif n’est pas de vaincre mais de convaincre que la seule issue est la justice pour une paix durable. A cet effet, nous invitons cordialement l'ensemble de nos concitoyens à nous retrouver et aux représentants politiques de se joindre à nous sans leurs banderoles…. » (merci encore pour votre soutien, la suite sur notre blog)

Révolté 21/01/2009 19:11

Il faut effectivement lutter contre le communautarisme et défendre la Laïcité.

Mais ne trouverez-vous pas que le CRIF est l'exemple même du communautarisme ?

Pour votre information, à Marseille il y avait des associations comme notamment l'Union Juive Française pour la Paix.

Révolté 20/01/2009 18:39

Le PS se mobilise pour GAZA ?

N'est-ce pas un peu tard ?

"Solidaire avec GAZA" Etait-ce le sens de la présence des élus PS en écharpe tricolore à la manifestation du CRIF à Marseille, il y a quelques jours ?

Pourquoi les élus PS étaient absent des autres manifestations ?

Gaëlle Lenfant 21/01/2009 09:42


Un peu tard ? La mobilisation des socialistes pour les victimes de Gaza ne date pas du 20 janvier, vous pouvez d'ailleurs le vérifier sur ce blog quelques articles plus bas.
Des élus ont effectivement défilé avec le CRIF. Cela ne me gêne pas en soi. Je regrette cependant, à titre tout à fait personnel, qu'ils n'aient pas également défilé aux côtés des palestiniens.
Mais à Marseille, les choses ne sont malheureusement pas si simples, et les cortèges de soutiens aux palestiniens s'apparentent parfois à un soutien au Hamas. Vous comprendrez alors que des élus ne
souhaitent pas y participer. Le Parti Socialiste n'apporte aucun soutien que ce soit à cette organisation terroriste.
A Aix, les choses sont différentes, puisque les manifestations se font à l'appel d'un collectif composé de partis et d'associations parmi lesquelles des juifs ET des palestiniens. Et dans ces
conditions, les élus socialistes n'ont pas hésité à défiler à leurs côtés.
La priorité pour nous, me semble-t-il, est de sortir du communautarisme que l'on voit arriver. Je souhaite qu'ensemble, nous y arrivions.

Bien à vous,

Gaëlle Lenfant


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