12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 10:44

C'est le titre de l'ouvrage que le Parti Socialiste vient de publier. Coordonné par Marie-Pierre de La Gontrie, secrétaire nationale aux libertés publiques, ce livre décrypte les attaques menées contre les libertés grâce à 89 mots clés, mais son objectif est aussi de montrer le vrai visage du sarkozysme, en portant un regard global sur l'ensemble des politiques menées.
Le Parti Socialiste dénonce, mais il propose aussi : dernier exemple en date : nous sommes inquiets des conclusions de la commission Balladur. Nous avons formulé des propositions.

Au sujet du "grand Paris", Christian Blanc, secrétaire d'Etat au Développement de la région capitale, a déclaré le 10 mars qu'il ferait ses premières propositions sur l’«aménagement des projets», au printemps 2009, et que ses propositions de gouvernance seraient formalisées dans un projet de loi «vraisemblablement dans le courant de l'année prochaine»

Ce projet n'a pas de sens ! Nous demandons, nous, que l'on reparte maintenant des propositions que les élus socialistes de Paris et de la région parisienne !

Mais revenons-en à notre ouvrage. Après un avant-propos de Martine Aubry, une introduction, "l'autre visage de la France d'après" donne une analyse fort intéressante sur ce que font Sarkozy et son gouvernement dans le domaine des libertés publiques...

En voici un extrait :

Mais, ce retour en arrière se pose plus globalement d’un point de vue
démocratique.

D’abord parce qu’en invalidant les autres légitimités politiques à son profit, le pouvoir sarkozyste brise toute possibilité d’exprimer des contestations et de faire vivre la pluralité des opinions. Il en va, par exemple, de l’opposition parlementaire dorénavant muselée mais aussi, de manière plus perverse, de nombreux intellectuels, de syndicats ou structures associatives publiquement raillés et disqualifiés dans le débat public par le pouvoir en place.

Mais aussi parce qu’en agissant de la sorte, Nicolas Sarkozy participe à la dé-crédibilisation du système institutionnel français. En donnant la parole à des conseillers plutôt qu’à des élus, en revendiquant la faiblesse du gouvernement et en dénigrant l’opposition, en sous-traitant à des commissions des problématiques collectives, Nicolas Sarkozy produit des effets dévastateurs sur l’image de l’action publique et sous-tend tout l’appareil d’État à sa seule ambition politique.

Cette « République des Conseillers » représente une gageure démocratique car elle étouffe les autres pouvoirs. Ceux-ci n’apparaissent alors que comme des entraves à l’action présidentielle qui devrait être forcément totale pour être efficace.

Cette pratique singulière du pouvoir, n’améliore pas l’action publique qui a besoin d’être acceptée et légitimée, et non simplement imposée, pour pouvoir être appliquée.  Mais elle permet à Nicolas Sarkozy de s’affranchir d’un grand nombre de garde-fous démocratiques dans l’exercice de ses fonctions. Au plus grand malheur des libertés publiques.

Enfin, l'abécédaire vous permettra d'accéder directement à un thème particulier. Des renvois permettent de lier certaines thématiques proches.

Un exemple au hasard :

Droit des femmes : renvoit à "droit à l'avortement" et à "laïcité"

Droits des femmes

«Il faut que le congé de maternité soit un congé plus court, que le Pôle Emploi accompagne vraiment les jeunes mères dans leur retour á l’emploi, et que l’on privilégie l’aménagement des horaires de travail et le temps partiel plutôt que l’arrêt total de l’activité. »
(Nicolas Sarkozy, lors d’une réception des associations familiales, 13 février 2009)

La composition du gouvernement Fillon fut un premier signe : pour la première fois depuis longtemps, un gouvernement ne comporte pas de ministre en charge des droits des femmes.

En avril 2008, lors de l’annulation par la justice d’un mariage au motif que la mariée n’était pas vierge, Rachida Dati, Garde des Sceaux, considéra simplement que « c’est aussi un moyen de protéger la personne qui souhaite peut-être se défaire du mariage ».

Juste avant l’été 2008, l’Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides renverse sa doctrine concernant la prise en considération des risques d’excision encourus par les jeunes femmes en cas de retour dans leur pays d’origine. Parallèlement, le Bureau de l’Égalité, instance administrative ayant pour objectif d’assurer l’égalité femme/homme dans les politiques publiques, est dissous.

En août 2008, la reconnaissance de l’existence du fœtus par son inscription á l’Etat Civil remit de même en cause les fondements de la législation sur l’avortement. Cet avertissement alarma les associations féministes. En janvier 2009 le planning familial vit baisser de 49% ses budgets de prévention, d’accueil et d’information, pouvant amener le planning á fermer la moitié de ses centres.

C’est aujourd’hui le congé maternité qui est la cible du président de la République lorsqu’il annonce la remise en cause de sa durée, pourtant conquis de haute lutte par les femmes.

Droit á l'avortement

 « L'acte d'enfant sans vie (…) est dressé par l'officier d'état civil sur production d'un certificat médical (…) mentionnant les heure, jour et lieu de l'accouchement. »
(Décret n°2008-800 du 20 août 2008)

Depuis ce décret d'août 2008, il est possible d'inscrire au registre d'état civil un fœtus né sans vie. Il est également possible, á la demande des parents, de l'inscrire également au livret de famille avec la mention « enfant sans vie ». Cette inscription permet d'élargir certains droits sociaux aux parents d'enfants nés sans vie : possibilité de lui donner un nom, droit au congé maternité, possibilité de récupérer le corps afin de procéder á des funérailles, etc.

La loi du 8 janvier 1993 permettait déjá l'inscription au registre d'état Civil d'un enfant né sans vie de plus de 22 semaines et de plus de 500 grammes. Mais, le 6 février 2008, la Cour de Cassation a annulé cette condition de termes et de poids, laissant entendre qu'un fœtus avait également une personnalité juridique dès l'embryon. Le décret du 20 août 2008 n'est donc qu'une reconnaissance officielle de cette décision qui constitue, selon Roselyne Bachelot et Rachida Dati, « une réponse pragmatique et humaine á des situations de deuil ».

Cette disposition législative a vivement inquiété les mouvements de défense du droit á l’avortement qui considèrent que la reconnaissance de la personnalité juridique de l'embryon fait planer le risquer d’une remise en cause du délai légal d’avortement, actuellement fixé á 14 semaines.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue depuis la demande d’interdiction par le gouvernement de la diffusion en milieu scolaire du film 4 mois, 3 semaines, 2 jours traitant de l'avortement en Roumanie et pourtant lauréat du Prix de l'Éducation Nationale au festival de Cannes.

@ Site du Mouvement Français pour le Planning Familial : www.planning-familial.org

Laïcité

« Ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d’intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. »
(Nicolas Sarkozy, discours prononcé au Palais du Latran, 20 décembre 2007)

Il est de tradition que le président de la République française soit nommé chanoine de l’église Saint Jean de Latran, à Rome. C’est à ce titre que Nicolas Sarkozy est allé prononcer un discours dans lequel il affirme : « La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. […] Assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité, enfin arrivée à maturité. C’est le sens de ma démarche. »

Nicolas Sarkozy avait déjà émis des jugements sévères sur la laïcité à la française dans son ouvrage La République, la religion et l’Espérance (Cerf, 2004), la qualifiant d’« épuisée ».

Le Professeur Jean-Pierre Machelon fut missionné pour rédiger un rapport pour l’aménagement de la loi de 1905 régissant les relations entre l'État et les cultes, notamment en ce qui concerne leur reconnaissance et leur financement. Lors de sa publication, ce rapport a beaucoup inquiété les milieux laïques par ses multiples remises en cause de la loi de 1905 : il proposait notamment le financement des lieux de culte par les communes, remettant ainsi en cause la neutralité de l’État en matière cultuelle.

Jean Riedinger, secrétaire de l’Observatoire Chrétien de la Laïcité, observe que cette posture donne à voir un « président de la République, élu par des Français de toutes convictions, exprimant des positions personnelles d’ordre convictionnel, spirituel, voire religieux, en mettant gravement en cause l’exercice laïque de sa fonction » .

Nicolas Sarkozy s’inscrit ici dans une volonté de disqualifier toute tentative autre que religieuse de répondre à la question du « sens » dans un monde en pleine mutation et donc en plein questionnement. C’est ainsi que pour lui « la question sociale n’est pas aussi consubstantielle à l’existence humaine que la question spirituelle ». Il passe donc peu à peu de la laïcité indifférente à la laïcité neutre puis à la laïcité « positive », qui « ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout » et qui amène à la « recherche de dialogue avec les grandes religions de France et (…) à faciliter leur vie quotidienne ». Ces positions sont en contradiction avec l’esprit de la loi de 1905.

@ Site de la Ligue de l’enseignement : www.laicite-laligue.org

 

Un site spécial a été mis en place, vous y trouverez des témoignages, actualités, événement (le printemps des liberté au Zénith à Paris le 22 mars !!!), nouveaux mots-clés (secret-défense) etc... : http://libertespubliques.parti-socialiste.fr/

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Publié par Gaëlle Lenfant
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