16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 10:17

Depuis dix semaines, nous, enseignants-chercheurs et chercheurs de l’Université de Provence, aux côtés des personnels administratifs et techniques, des étudiants, des doctorants et des précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche, sommes en grève, et plus précisément en lutte pour défendre l’Université des attaques qu’elle subit à travers de prétendues réformes qui touchent aux fondements de la formation des générations futures et de la recherche publique.

 

Notre mobilisation, qui s’inscrit dans un mouvement d’ampleur nationale, la plus importante, la plus unanime et la plus longue de ces quarante dernières années, continue d’être ignorée par le gouvernement et demeure encore mal connue de l’opinion publique.

 

Les mensonges répétés du gouvernement et la grave désinformation qu’il tente d’imposer témoignent du mépris dont est victime ce mouvement. Malgré les affirmations péremptoires de Valérie Pécresse et Xavier Darcos, tout le monde doit savoir qu’à ce jour aucun dossier n’est réglé, malgré quelques concessions à la marge :

 

-         la logique du décret réécrit sur le statut des enseignants-chercheurs reste celle du texte initial (ce qui a été admis par Claude Guéant lui-même)

 

-         M. Darcos essaye d’échanger un moratoire sur le contenu des concours contre une application immédiate de la réforme de la formation des enseignants

 

-         aucune avancée n’a été obtenue dans le dossier du démantèlement des organismes publics de recherche, ni dans les autres dossiers portés par notre mouvement (contrat doctoral unique, individualisation des carrières des personnels administratifs et techniques, externalisation des tâches…)

 

-         les gels de suppressions de postes dans les universités pour 2010 et 2011 ne sont que des promesses qui n’impliquent ni moratoire sur les suppressions de postes de chercheurs prévues pour les quatre prochaines années, ni retour sur les suppressions de 2009, ni réponse à notre demande d’un plan de création d’emplois statutaires scientifiques.

 

En refusant de reconnaître l’ampleur de la mobilisation et d’écouter les fortes contestations émanant de tous les acteurs de la communauté universitaire, le gouvernement fait preuve d’une obstination irresponsable et tente de nous enfermer dans un dilemme que nous refusons : choisir entre notre responsabilité à l’égard de l’éducation que recevront les enfants et étudiants de demain et notre responsabilité à l’égard des étudiants que nous encadrons aujourd’hui à l’université.

 

            Responsables, nous le sommes en refusant d’accepter une série de mesures qui visent à détruire le service public gratuit d’éducation et de recherche, ainsi que les fonctions sociales et de proximité que remplit notre université.

 

            Responsables, nous le sommes en ne sacrifiant pas l’esprit humaniste de l’Université sur l’autel de l’« Economie de la connaissance », et en refusant que la recherche soit placée sous les seules lois de la rentabilité, du marché et de l’industrie.

 

Responsables, nous le sommes depuis le début de ce mouvement, en suivant au plus près nos étudiants, que ce soit par des contacts directs à l’université (veilles pédagogiques, réunions, AG, permanences, rassemblements), à travers de nombreuses sessions de transmission du savoir alternatives dans et hors les murs, par courriels, en encadrant du mieux possible leurs recherches et productions personnelles, en leur fournissant du travail (bibliographies, lectures, exposés, dossiers…) et des supports de cours sur Internet.

 

Les ministres Valérie Pécresse et Xavier Darcos jouent avec le feu et font inutilement perdre aux étudiants et aux enseignants un temps précieux qu’ils devraient pouvoir consacrer à la formation et à la recherche.

 

Avec tous ceux qui nous soutiennent depuis des mois dans notre combat, avec les parents d’élèves, les élèves et les étudiants, avec toute la communauté d’enseignement et de recherche, de la maternelle à l’Université, qui s’est mobilisée massivement lors des manifestations de mars et d’avril, nous demandons aux médias d’entendre l’ampleur et la légitimité de la contestation, notre détermination mais aussi notre responsabilité, face au mépris et au déni de démocratie qui nous est proposé de la part du gouvernement.

 

Nous appelons solennellement notre représentation nationale et tous nos élus à relayer, dans toutes les instances et assemblées, notre double demande d’un retrait sans délai de toutes les réformes contestées et de l’ouverture du grand débat national que le monde de l’Enseignement et de la Recherche est en droit d’attendre.

 

Nous attirons l’attention sur le fait que cette lutte nationale s’inscrit dans un mouvement de contestation à l’échelle européenne, puisque la crise touche nombre de pays de l’Union Européenne dont les universités dénoncent à l’heure actuelle les conséquences du processus de Bologne et de la stratégie de Lisbonne en matière d’« Economie de la connaissance ».

 

Nous nous adressons à tous les partis politiques et à tous les candidats aux élections européennes pour qu’ils se saisissent des questions de l’enseignement et de la recherche et prennent clairement position sur les réformes en cours, sur la loi LRU et le Pacte pour la recherche et leurs conséquences nocives, et contre l’entreprise de destruction massive du service public d’enseignement supérieur et de recherche engagée par le gouvernement français.

 

 

Les universitaires en lutte d’Aix Marseille I

 

 

 

Copie aux médias locaux, régionaux et nationaux

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Publié par Gaëlle Lenfant
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