9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 10:06

Le résultat de ce scrutin est un échec pour le Parti Socialiste, rien ne sert de le nier, au contraire, l'ensemble des socialistes doivent collectivement reconnaître cette défaite et l’analyser sans complaisance. C’est la seule démarche responsable, politique et salvatrice qui vaille.

Nous avons commis  de trop nombreuses erreurs ces dernières années, comme d’avoir, parfois, abandonné nos valeurs socialistes ou de n’avoir pas su nous rassembler suffisamment lorsque cela aurait été plus que nécessaire. Nous devons prouver, par les actes, que nous avons pris conscience de ces erreurs, et mieux que ça, que nous travaillons, à chaque instant, à la transformation de notre Parti.

Le travail que mène Martine Aubry à la tête du Parti Socialiste depuis son élection comme Première Secrétaire va dans le sens du rassemblement des socialistes, sur nos valeurs. C’est la seule stratégie capable de transcender nos divergences, qui ne sont parfois que des différends personnels pour, enfin, proposer un véritable projet de société aux français, que nous pourrons ensuite mettre en œuvre techniquement.

Ce travail de reconquête est forcément long, tant les blessures sont profondes. Mais les progrès déjà accomplis  sont là, et de cela les socialistes peuvent être fiers, collectivement.

Les français n’ont pas sanctionné la gauche lors de cette élection européenne. Ils ont sanctionné le Parti Socialiste français et le Parti Socialiste Européen.

Evidemment, le taux d’abstention est très fort. Mais l’abstention n’explique pas tout, et, surtout, n’enlève rien au côté très politique de ce scrutin. D’une part parce que nombre d’abstentionnistes souhaitaient clairement envoyer un message par leur abstention et dire la trop grande distance qui existe entre l’Europe et les électeurs, dire aussi qu’aucune liste d’opposition à la liste de Sarkozy n’était crédible à leurs yeux. Il nous faut en prendre acte. D’autre part parce que ceux qui se sont déplacés pour aller voter ont pesé leur choix politique, ils n’ont pas voté au hasard.

Que nous disent-ils ? Qu’ils ne veulent pas que nous allions voir du côté de la droite (sinon, ils n’auraient pas désavoué le MODEM, qui avait pourtant toutes ses chances lors d’un scrutin européen). C’est bien un Parti Socialiste de gauche, clairement à gauche, avec des idéaux et un programme de gauche qu’ils souhaitent voir émerger de sa coquille. Voilà pourquoi nous devons maintenir la ligne du congrès de Reims : rassemblement de la gauche. Cela ne signifie pas, contrairement à ce que j'entends parfois, que les alliances avec d'autres (Le MODEM, en clair) sont impossibles. Cela signifie que si d'autres veulent s'allier avec nous, alors ils doivent le faire sur une ligne politique de gauche.

Ils ont placé très haut la liste écologiste, et deux messages doivent être entendus à ce sujet. D’abord, que l’écologie est au centre du projet de société qu’ils demandent à la gauche de construire avec eux, pour eux. Il ne s’agit plus, maintenant, d’apposer quelques rustines de ci de là. Nous devons inventer le monde de demain, un monde où l’humain passe avant la finance, et trouve des solutions pour préserver notre planète. Un mode où social et économie riment avec écologie.

Nous avons tous les atouts, nous, socialistes, pour changer la vie des gens si nous appliquons la méthode proposée par notre Première Secrétaire : s’appuyer ce qui nous rassemble plutôt que sur ce qui nous divise. Remettre nos valeurs au cœur de notre projet de société. Ensuite, et seulement ensuite, trouver les solutions techniques qui nous permettront de mettre en œuvre notre projet, qui devra être plus qu’un projet, une vision collective de la société.

Pour commencer ce travail, nous devons nous retrouver, maintenant, nous, les socialistes, pour, ensemble, non pas soigner notre Parti, mais pour le sublimer, et transformer nos pratiques politiques, en n’oubliant jamais ni d’où nous venons, ni où nous voulons aller.

 

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Publié par Gaëlle Lenfant
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xoudu 19/06/2009 11:13

D'accord avec beaucoup de remarques, mais l'essentiel est là: nous n'avons pas tiré les enseignements de la présidentielle de 2002 et des européennes. Tout juste quelques belles paroles, de beaux discours mais que pèsent t-ils face aux faits,comme l'alliance avec une partie de la droite (excusez...Modem)à Aix

Olivier Fatou 12/06/2009 17:47

Et alors ? On fait quoi maintenant ? On va se passionner pour les petites querelles aixoises qui ne vont pas manquer d’ici le 19 juillet.. . Un loupé 100% ces européennes..Et alors on fait quoi maintenant ? On propose quoi ? On s’adresse à qui ? On dit quoi ? On écrit quoi ? On réfléchit sur quoi ? On dit du bien de qui ? On dit du mal de qui ? Et alors on fait quoi maintenant ? On se bouge ? On ne se bouge pas ? Affligeant ! Pathétique ! Chamailleurs ! Inaudible ! Anti sarkozyste primaire ! À droite ! À gauche ! Au centre ! Bon qu’à gérer en pépère tranquille des communes et des régions ces gentils socialos ! Ces mots deviennent insupportables à entendre ! On fait quoi maintenant ? Comment on s’organise pour remuer nos sections ? On bla -blate trop et c’est quoi le projet pour les régionales ? On va dire quoi ? À qui ? Le débat c’est bien et indispensable et aprés ? Quelles conclusions on en tire ? Pas question de baisser les bras ! Il y a urgence…il faut taper dans la fourmilière…On doit se mettre au boulot…arrêtons d’être des opposants…soyons des PROPOSANTS ! et nous serons crédibles…et nous gagnerons des élections !
Bon week end.
Olivier Fatou (Ventabren)

Bruno 09/06/2009 14:17

Tu n'es pas d'accord - très bien, alors je précise parce que je n'ai pas l'impression, surtout, que tu aies bien compris.
Que nous ayons des idées diverses, très bien. Discutons-en, en toute clarté. Organisons autant de débats qu'il faudra. Mais à un moment, il faudra trancher et arrêter uns position majoritaire. Et celle-ci devra s'imposer à TOUS. Quitte à ce que nous fixions le moment et les modalités de sa révision car effectivement rien n'est immuable et nous devons préserver les voies et moyens de l'adaptation de notre doctrine.
C'est cela que j'appelle trancher.
Quand à dire que tout a été tranché à Reims... C'est un euphémisme qui ne résiste à rien de ce que nous y avons vécu. Le débat a été largement tronqué par des questions de personnes, des arrières pensées et des faux semblants. Au point que les militants ont eu du mal à trancher - c'est aussi une analyse de scrutin qui ne nous est guère favorable.
D'où les difficultés dans lesquelles nous sommes. Or, nous n'en sortirons pas en faisant l'économie d'un large débat, ouvert, sincère et... TRANCHE.
Bruno

Boulanger Gabrielle 09/06/2009 13:43

Je partage largement l'opinion exprimée ici; je veux croire à une véritable "refondation" du P.S.. Quelques questions cependant :
- à quand la "refondation" des esprits et surtout des pratiques politiques internes où la concertation est unanimement louée dans les discours, plus rarement dans les actes?
- à quand -en interne toujours - un débat sur le décalage entre la position du PS qui a prôné le "oui" à la constitution et une majorité de Français qui ont voté "non". Il ne s'agit pas de raviver des querelles PS internes , mais de poser clairement les raisons d'un décalage; effort nécessaire pour se faire comprendre auprès des femmes et hommes de gauche, et mieux rebondir ensuite.
Faire l'impasse serait - me semble-t-il - mettre un cautère sur une jambe de bois...Et sans passer du temps à trop se flageller se les résultats, osons les questions même celles qui fâchent ! Le courage dont nous parle Jean Jaurès passe sans doute par des étapes certes douloureuses, mais ô combien porteuses d'avenir !

Bruno 09/06/2009 12:09

Je te trouve bien prudente, limite langue de bois.
Tu sais bien que nous n'en sommes plus au thème du rassemblement, parce que celui-ci hétéroclite, hétérogène nous étouffe et nous rend collectivement impuissants à rénover notre doctrine.
Ce qu'il faut maintenant c'est TRANCHER. Comme les électeurs nous incitent à le faire en se détournant de nous.
Trancher POUR un ligne de gauche - réaliste et assumée, au coté des travailleurs et de ceux qui souffrent des politiques libérales.
Il faut que nous affrontions nos camarades - de la section à la Direction - qui nous ont entraîné vers le compromis social-libéral, et tous ceux qui trouvent toujours une bonne raison pour que nous n'affichions pas clairement notre position.
Nous voulons de la régulation, nous voulons de la redistribution, nous voulons une stratégie pour un développement social et environnemental soutenable.
Il faut dire MAINTENANT ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas. Et pour cela, il faut que nous TRAVAILLIONS, par des Conventions fédérales puis centralisées, sanctionnées par des votes - et des sanctions pour celles et ceux qui ne les respecteraient pas comme l'expression démocratique de notre corps militant.
Ouvrons des espaces d'expression militantes, écoutons ce que nos camarades pensent et vivent, et tirons en les conclusions sur ce que le peuple de Gauche veux et attend. Il est là notre programme.
D'ailleurs, il suffirait d'ordonner tout ce que nous avons déjà produit sans jamais en prendre sérieusement connaissance.
Tu le sais, nous avons une foule de contributeurs, compétents, engagés, responsables - ouvre les archives de ton Secrétariat national au droits de Femmes, tu as tout - il suffit de l'ordonner et de le soumettre aux suffrages de nos camarades. Ca peut, ça doit aller très vite.
Demain, les Régionales et très vite les prochaines nationales, il est temps.
Tu sais sur qui pouvoir compter, fais le tri, choisis et organise les débats.
Comptons sur nous, maintenant. Je compte sur toi, tu sais...
Bruno

Gaëlle Lenfant 09/06/2009 13:34


Je ne suis pas d'accord avec toi. Un rassemblement ne veut pas dire pensée unique, cela signifie travail collectif. Des idées hétéroclites peuvent s'exprimer, et pourquoi pas ? On est de gauche,
que diable ! Assumons notre côté rebelle ;-) Le petit doigt sur la couture n'a jamais été notre truc, de toutes façons. Mais sachons organiser nos débats. C'est ça que tu appelles trancher. Sur
chaque question (hadopi est un bon exemple de cela, où des positions au départ divergentes se sont retrouvées par le fil conducteur du modèle économique culturel à inventer)
Pour la ligne nous avons dit, déjà, celle que nous voulions, à Reims. C'est cela, le point de départ.
Pour le reste, entièrement d'accord avec toi. Et oui, quand je vois les outils magnifiques que me proposent des camarades époustouflantes, je me dis waouh !
Mais vous verrez tout ça bientôt, et Bruno, tu pourras former tes camarades au féminisme :-)


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