24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 00:07
Fin de la pause. D'ailleurs, de pause il n'y a pas eu. "un de la bande" me dit que l'on se préoccupe de l'accessoire (au PS je suppose ?). Je ne sais ce qu'est l'accessoire quand nous vivons dans un monde qui fait tant la part belle à l'apparence pour mieux cacher ses manquements à la justice la plus basique. En revanche, je sais bien pourquoi je me suis engagée en politique. Parce que l'injustice me sort par les yeux . Parce que prendre conscience que le monde ne tourne pas sans vous mais avec vous change forcément les choses. Parce que cette conscience là, je l'ai acquise grâce à certains anciens qui m'ont fait partager leurs souvenirs, leurs combats. Et que les combats qui nous ont précédés sont des combats de vie. Le CNR ? Toujours d'actualité, merci. Oui mais demain ? Quel monde voulez-vous ? Quel quartier voulez-vous ? Et qu'êtes-vous prêt à faire, pour ça ? Ami, entends tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ? Ami, entends-tu ? Tu entends, peut-être, mais en vrai, tu fais quoi ?

Je suis socialiste. Je le revendique, encore et toujours. On me demande souvent, ces jours-ci, si mon parti est à l'agonie. Il ne l'est pas. Il est bien mal, ça oui. Mais à l'agonie, oh non il ne l'est pas. Quand je vois la force militante qu'il est capable de produire, quand je vois les travaux de fonds qu'il est est capable de produire, quand je vois l'amitié et la chaleur humaine qu'il est capable de dégager, oh non, il ne l'est pas. Alors oui, il faut se préoccuper de l'essentiel. Mais qu'est-ce que l'essentiel ? L'économie, l'emploi, le pouvoir d'achat, oui, bien sûr. Mais pourrons-nous vraiment  améliorer notre pouvoir d'achat sans penser une révolution verte ? Pourrons-nous vraiment améliorer notre économie sans acquérir l'égalité femmes-hommes ? Pourrons-nous remédier au chômage sans redistribution des richesses ?Pourrons-nous vraiment changer de siècle sans que le mot réforme n'ait repris sons véritable sens ?

Je suis en colère. Oh oui. Parce que travailler le dimanche devient le nouveau remède au chômage, alors que c'est vers moins de travail que nous devrions aller (plus de machines = moins besoin de bras. Regardez aux péages autoroutiers : vous payez en carte bleue. Voulez-vous vraiment donner un salaire à la machine ? Non ? Alors que les salariés des autoroutes travaillent moins ! Pas qu'ils soient moins nombreux pour que les bénéfices aillent toujours dans la même poche, bon sang ! Et puis pour en finir avec cette histoire d'autoroutes : quelle idiotie de les avoir privatisées) Et contrairement à la propagande qui est aujourd'hui diffusée, le travail du dimanche supprime des emplois. Il n'en crée pas. Pas possible, pensez-vous.... Et pourtant. Plusieurs enquêtes ont été menées, qui ont toutes abouti au même résultat. Comment-est-ce possible ? C'est simple : vous faites travailler de grandes zones commerciales, le dimanche. Les commerçants de centre ville, les entrepreneurs, pas les grandes enseignes, eux, n'ont pas les moyens physiques, humains et financiers d'ouvrir la boutique 7 jours sur 7. Or ce sont eux qui créent le plus d'emplois. (ramenez la surface d'un Hyper à celle de l'épicerie de quartier, divisez par le nombre de mètres carrés et le chiffre d'affaire, et vous verrez tout de suite la différence...) Eux vont fermer. Et la balance sera négative. Et qu'on ne vienne pas me dire que je suis contre le fait que les étudiants gagnent trois sous. D'abord parce que j'ai moi-même été une étudiante salariée, et que le travail du dimanche, je connais, merci. Ensuite parce que si l'Etat n'avait pas supprimé les postes de surveillants d'établissements, d'une part peut-être que les étudiants auraient pu remédier à certains cas de violence, ensuite, cela leur donnait un salaire ET la possibilité de faire autre chose le dimanche. Mias on mélange tout... Mes idées là dessus sont très claires : Moins de travail, c'est plus d'investissement pour la société : cela peut passer par une obligation de service civil, (en une fois ou par tranches), par un engagements associatif, syndical, culturel, social... C'est grandir le genre humain que de lui permettre de s'émanciper et de participer de la construction d'un avenir collectif.

Aujourd'hui 83% des temps partiels sont occupés par des femmes. Pourquoi ? Parce que pour un homme partager du temps avec ses enfants est une honte ? Je ne le crois pas. En tout cas, pas individuellement. Aucun père ne vous dira cela. Oui mais... C'est toujours elle qui suit son mari, toujours elle en congé parental, toujours elle.... Parce qu'à la base elle est moins bien rémunérée (20% en moyenne en France, si vous ne me croyez pas, vous pouvez vérifer) et puis, aussi, parce que quand même... C'est une femme. Ce à quoi je tends ? Que les hommes, comme les femmes, puissent travailler moins, pour un salaire décent. Pourquoi je critique les temsp partiels des femmes ? Parce que cela les mets dans des situations financières (et donc humaines) inextricables.

Je suis en colère, et je ne suis pas prête de lâcher le morceau. La différence entre la droite et la gauche, elle est bien réelle, ne vous y trompez pas... Comment on crée de l'emploi ? En abaissant la durée légale du travail, pas en l'augmentant. Comment on redistribue les richesses ? En créant un bouclier social, pas un bouclier fiscal. Comment on augmente le pouvoir d'achat ? En réduisant le chômage, qui réduira la compétition entre travailleurs.Pas en légalisant le travail du dimanche. Comment on crée du lien social ? En permettant, via la culture notamment, que les gens se rencontrent. Pas en les enfermant chez eux, devant la télé ou un ordinateur. Comment on fait changer le monde ? En travaillant à tout cela avec d'autres. Pas en marmonnant chez soi.

Ami, entends-tu ?

Si oui, alors relève la tête et travaille à changer le monde. Il a besoin de toi.

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Publié par Gaëlle Lenfant
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Bruno 24/07/2009 12:09

Wouhaou! La colère...
Elle n'est peut-être pas bonne conseillère, mais de temps en temps ça fait du bien!!
En fait ce dont tu parles en abordant plusieurs aspects (travail le dimanche, précarité du travail, inégalités homme-femme,...) et en premier lieu les injustices, c'est de quelle société voulons-nous? Ce qui renvoie à la problématique dans laquelle se débat le PS parce qu'il n'aborde pas frontalement cette question.
La société que nous fait la droite - et Sarko en est le zélateur - c'est une société d'angoisse par rapport au conditions quotidiennes de vie. L'argent, le travail - pour ceux qui n'ont que ce moyen de s'en procurer - pénible, concurrentiel, stressant, comme seuls objectifs de cette vie. Spoliant "l'Autre", le voisin forcément concurrent, mais aussi la planète et ses ressources essentielles - non seulement les matériaux mais l'air, l'eau et la terre... Les tensions à tous les niveaux, engendrant conflits et violences. Mais telle est leur conception, discriminante (certains meilleurs que les autres, etc.), clivante - struggle for life!

Or qu'elle est (pourrait être) notre conception?
De la vie, de la société, de notre humanité sur cette planète. Ce sont peut-être de grandes questions, trop philosophiques, abstraites pour certains qui sont dans les pires difficultés. Pourtant, si nous n'acceptons pas, au sein du Parti - lieu de réflexion, d'élaboration d'une pensée, d'une idée de la société - où cela pourra t 'il se faire? Et c'est la base de l'action.
Tu cites le CNR: ils ont eu 5 ans, bien obligés, contraints de la pire manière, pour y réfléchir, élaborer leur modèle de société, alors que l'ancienne était réduite à néant par la barbarie nazi.
Ce que je veux dire, c'est qu'il nous faut absolument tracer et redéfinir, car le monde a changé, les valeurs sur lesquelles nous voulons fonder notre action, notre projet.
Justice mais aussi respect de notre cadre de vie. Reconnaissance et définition du droit à chacun d'être impliqué dans la vie collective et sociale - longtemps ce n'était que le travail qui en était la mesure or ce pourrait être autre chose... Puisque nous avons reconnu, depuis "Les Lumières", le progrès comme une valeur cardinale des sociétés contemporaines (ça n'était pas le cas dans l'ancien régime), en particuliers le progrès technologique qui réduit la pénibilité de l'existence. Le travail productif humain, à terme, doit être réduit. Mais pas l'implication, la participation, de l'individu à la vie sociale. Ca ne passera plus par la valeur-travail au sens productiviste du terme. D'ailleurs, notre planète ne le supporterait sans doute pas. Il faudrait plusieurs planètes pour assumer notre modèle de développement - et combien pour donner du travail acharné (compétitif) à toute ces populations? Alors pourquoi créer de la discrimination entre celles et ceux qui en ont besoin? Pour mieux assurer le profit de quelques uns et entretenir une ambiance angoissante?
Redéfinissons ce qu'est le progrès - quelles sont ses valeurs mesurables et objectives.
Redéfinissons ce qu'est l'objectif d'une vie humaine - son taux de résistance à l'angoisse de sa précarité est elle digne de nos sociétés? Est-ce pour cela que l'on met des enfants au monde?
Si l'on pouvait prendre le temps de se poser quelques questions en termes d'objectifs de vie, de société, de civilisation, peut-être arriverions nous, par la suite à se fixer les moyens de la lutte qu'il nous semble confusément (du coup) devoir mener.
Vaste programme (pour les vacances?), on relève les copies à l'automne:-)
Bises à vous,
Bruno

Gaëlle Lenfant 24/07/2009 12:35



Entièrement d'accord avec toi. Cette histoire de productivisme, notamment, me fait tourner en bourrique. C'est pour moi tellement limpide que je ne conçois pas que l'on ne s'attelle pas plus (et
mieux) à la réduction du temps de travail, pour, comme tu le dis si bien, permettre l'implication de l'individu social. Le partage plutôt que les prés carrés. Grandir au lieu de stagner. Soyons
ambitieux !


Pour les copies, je te propose qu'on en relève déjà quelques unes à La Rochelle ;-) Vacances très studieuses cette année. Au lieu de lire de bons polars, je préfère étudier des rapports de
l'Assemblée Nationale. Y'a trop à faire, pas question de se laisser aller !



Sylvie Tranchant-Rousseau 24/07/2009 02:16

excellent billet qui montre vraiment tous les aspects du problème

on dirait que le travail du dimanche ce sera une occasion pour moins prendre le temps de réfléchir et refaire le monde !!!

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