27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 13:40
Autant le dire tout de suite, ce billet ne fera pas très "mode". Je suis apparemment à ranger du côté des archaïques et des grincheux, mais j'assume totalement, et je vais essayer d'expliquer pourquoi.
Je ne suis pas favorable, en l'état, à ce que l'on appelle des primaires.

Ceci pour plusieurs raisons.

La première en est que je reste convaincue que c'est sur le terrain des idées, des projets, de notre capacité à nous renouveler, à ré-inventer la société que nous gagnerons. Or, à la veille de La Rochelle, et à l'avant veille d'élections régionales dont on sait déjà qu'elles seront difficiles (même si le PS fait un excellent score, comment pourrions nous gagner des régions alors que nous en dirigeons 20 sur 22 ?) ce débat sur les primaires tombe mal. Quel message sommes nous en train d'envoyer ? Une réforme territoriale terrible se prépare, le pays va mal, les français souhaitent que nous leur proposions une autre voie politique, et nous, nous nous en tenons à la cuisine interne, ingrate et politicienne. Pourtant, nous avons matière à jouer notre rôle de premier opposant à l'UMP, la richesse des ateliers proposés à La Rochelle en témoigne. Comment pourrions nous donner l'image d'un Parti au travail quand nous ne nous préoccupons que d'écuries présidentielles ? Comment pouvons nous nous rénover si nous recommençons, toujours et encore, à placer en première importance le mode d'élection de notre candidat-e à la présidentielle ? Alors que les partis politiques sont en pleine décridibilisation, et que nous le savons, nous continuons à ne pas vouloir voir que ce que l'on nous demande, c'est de porter un idéal d'avenir. Je trouve terrible de répondre aux attentes des françaises et des français par cette pirouette qui masque mal nos faiblesses. Serions nous en position de force, avec un projet et une ligne politique définie, assumée, portée que nous pourrions alors nous demander quelle méthode de désignation est la meilleure. Mais nous n'en sommes pas là, comme vous l'aurez peut-être remarqué. Nous n'avons pas encore retrouvé ce sens du collectif qui nous fait tant défaut depuis plusieurs années. Et l'on voudrait que ce soit l'heure pour les français de désigner celle ou celui qui nous représentera ? Sachons d'abord définir qui est ce "nous", et lui redonner toute la place qu'il mérite. Et puis choisir parmi combien ? Combien sont-elles, combien sont-ils (nul doute qu'ils seront plus nombreux qu'elles) ces socialistes, à vouloir être l'élu-e ? Combien de déchirements en perspective ? Moins pour 2012 que pour 2017, semble-t-il... Mais là encore, n'est-elle pas terrible, cette stratégie de certains, qui se disent déjà qu'ils auraient une meilleure chance si l'UMP pouvait encore gagner 2012, d'arriver à leur fin en 2017 ? N'est-ce pas l'hypocrisie poussée à son comble ?
Je suis socialiste pour changer le monde, rien de moins. Et voir qu'aujourd'hui certains ne pensent qu'à changer celui qui tourne exclusivement autour d'eux me fiche en rogne.

Mais admettons que je me trompe. Admettons que ce soit ce débat sur les primaires au PS, maintenant, qui enclenche une dynamique de victoire. Comment cela va-t-il se passer ? Plusieurs scénarios sont possibles :

1) Il s'agit de choisir un-e candidat-e au sein du Parti Socialiste : ce serait en fait rejouer 2007, à deux différences près. La première étant qu'il suffirait, si j'ai bien compris, de payer un ou deux euros pour voter (vingt euros en 2007). La deuxième porte sur le nombre de prétendant-es... 5 ? 6 ? 10 ? Imagine-t-on un candidat socialiste élu avec 32% des voix ? Ce ne serait assurément pas un gage de dynamique de victoire...

2) Il s'agit d'une primaire PS-MODEM : car elle là, l'idée que l'on veut nous faire passer. C'est très "moderne", cela, de dire que le PS est le MODEM doivent s'allier. Seulement, n'oublie-t-on pas un petit détail ? Le MODEM, et en particulier son dirigenat principal, François Bayrou (qui ne s'est pas déplacé à Marseille, me semble-t-il) n'a jamais dit qu'il était de gauche, et encore moins socialiste. Ce en quoi on ne peut que lui donner raison. François Bayrou souhaite être candidat à l'élection présidentielle. S'il peut être le candidat du centre doit et des socialistes, comptez sur lui, il le fera. En revanche, nous, socialistes, que souhaitons-nous vraiment ?

3) Il s'agit d'une primaire de toute la gauche et des écologistes : cette option là me va. Mais va-t-elle à tout le monde ? Comment peut-on imaginer que Marie-George Buffet, Olivier Besancenot, Nathalie Arthaud, Jean-Luc Mélenchon ou Daniel Cohn Bendit se prêtent à ce jeu là ? Quel intérêt pourraient-ils bien y trouver ? Je me mets à leur place et n'en voit aucun. D'une part parce que l'élection présidentielle est une élection majeure dans notre pays, et ne pas avoir de candidat représentant son organisation est un risque énorme, que l'on peut prendre uniquement si l'on a toutes les assurances programmatiques et de participation au gouvernement nécessaires. Cela demanderait d'avoir construit, au préalable, cette maison commune de la gauche que Martine Aubry appelle de ses voeux. D'autre part parce qu'avec des élections législatives suivant de très près la présidentielle, ce serait désavouer ses candidats et donc se priver aussi d'une représentation parlementaire. Ce serait absurde. Mais même... Imaginons que chacun se prête à ce jeu : le Parti Socialiste, dans ces conditions, ne pourra pas présenter 12 candidats. Nous serons donc dans l'obligation d'organiser une première primaire uniquement socialiste. Donc pour résumer, d'avoir une campagne uniquement socialiste pour désigner l'un-e d'entre nous, puis une campagne commune à la gauche et aux écologistes pour désigner ce-tte fameux-se candidat-e... Cela fait beaucoup de perdants, de frustrés, d'écuries lésées, de rancoeur et de désir de...rester chez soi...

Martine Aubry a eu raison d'écrire une tribune dans le Monde. Cela nous permettra, souhaitons-le, de parler d'autre chose à La Rochelle que de ces primaires, qui sont finalement bien secondaires dans la dynamique de victoire que nous devons maintenant mettre en oeuvre.

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Publié par Gaëlle Lenfant
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