17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 10:19
Contrairement à ce qui était annoncé, les "rouge-vert" ont remporté l'élection législative norvégienne d'un cheveu, c'est vrai, mais dans ce pays aux ressources pétrolières (donc financières) plus que larges, c'est l'alternance gauche / droite qui prédominait jusque là. Remporter un scrutin deux fois de suite est donc un exploit, en quelque sorte. La division de la droite a certes joué, et de nombreux électeurs (de droite) ne se sont pas déplacés, d'où le taux de participation le plus bas jamais enregistré pour la Norvège depuis... 1927. (Amusons nous un peu, dites un chiffre !)
La coalition de gauche l'emporte donc de 3 sièges sur la droite, avec un programme mettant l'Etat Providence au coeur de ses préoccupations. 7 thématiques ont été mises en avant : donner la priorité au travail (le chômage est à ...3% mais devrait atteindre 4,75% en 2010), au commerce et à l'industrie (faillites : +72% depuis la crise) ; renforcer le savoir ; valoriser le pays ; améliorer les services de santé ; intensifier la lutte pour la sécurité et contre la criminalité ; mettre l'accent sur la culture et lutter contre le réchauffement climatique et pour la solidarité internationale.

Les norvégiens "s'exaspèrent par exemple de la mauvaise qualité de leurs services publics, notamment des écoles et des services de santé, s'opposent aux compressions de personnel dans ces mêmes secteurs, se plaignent du temps d'attente pour l'accès aux soins, du manque de policiers ou encore de places dans les maisons de retraite et ne comprennent pas pourquoi ils doivent subir les hausses du prix de l'essence ou celle des taxes sur les produits pétroliers." (source : Fondation Robert Schuman)
Ils souhaitent donc plus de fonctionnaires, plus d'Etat, plus de public, et ont voté contre les réductions d'impôts.

Cela a de quoi nous faire réfléchir, non ?

Cela dit, les systèmes nordiques n'ont pas que des qualités, il faudrait trouver le temps de faire un billet sur ce sujet pour en montrer les limites.

Pour aller plus loin, vous pourrez lire l'article cité plus haut, ou celui de RFI dont je vous propose un extrait ci-dessous :

L'exception norvégienne

La victoire des partis de gauche aux élections en Norvège permet au Premier ministre sortant d'échapper à la malédiction de la manne pétrolière qui se traduisait depuis 1996 par une permanente alternance au pouvoir. Jens Stoltenberg va pouvoir former un deuxième gouvernement successif et améliorer, comme il l'a promis, l'Etat providence.

Un programme d'exception au sein d'une Europe largement engagée dans une réforme néo-libérale, l'Etat providence plutôt que des réductions d'impôt. Toute l'exception norvégienne tient en cet engagement. Réduire les listes d'attente dans les hôpitaux, augmenter la gratuité des cantines scolaires ou accroître le nombre de places dans les maisons de retraite.

Les attentes de la population norvégienne ne sont pas exceptionnelles en Europe. Ce qui l'est davantage, c'est qu'elles ont une chance d'être réalisées. Grâce aux ressources tirées du pétrole, bien sûr, mais aussi aux convictions d'un personnel politique de gauche qui ne s'est pas converti au libéralisme et à son corollaire, la baisse de la dépense publique incontournable à droite, bien sûr, mais aussi chez les socialistes d'à peu près tous les pays européens.

Le gouvernement travailliste en Grande-Bretagne est, par exemple, en train de se faire rappeler à l'ordre par les syndicats qui craignent qu'un retrait supplémentaire de l'Etat ne favorise la crise. Seul le Premier ministre espagnol continue à vouloir augmenter les impôts pour garantir les dépenses sociales. Mais nulle part les gouvernements de gauche n'ont vraiment débattu de la refondation d'une dépense publique dont les contours, définis dans l'après-guerre, méritent peut-être d'être redessinés.


Post-Scriptum : le taux de participation était de... 73%

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Publié par Gaëlle Lenfant
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