21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 14:24

La peur est à l’ordre du jour de la droite. Peur de l'autre, peur du progrès, peur de demain, peur chez moi, peur dehors, peur, peur, peur. Et l’exemple vient d’en haut : après le Kärcher, après le « casse toi pauv’con », après l’odieux discours de Dakar, après celui de Grenoble et l’été de la honte qui s’en est suivi, les portes sont désormais ouvertes à tous les débordements à l’UMP.

 

À Aix-en-Provence et à Marseille, en particulier, les élus ont décidé de suivre la voie de leur leader. Ainsi, Maryse Joissains a fait adopter il y a quelque mois une motion demandant de « rétablir les frontières intérieures de l'Europe », visant particulièrement les familles roms. Et à Marseille dernièrement, le jour même de la Journée internationale du Refus de la Misère, le 17 octobre, Jean-Claude Gaudin adoptait un arrêté anti-mendicité interdisant « de se livrer à toute forme de sollicitation ou appel à la quête de nature à entraver la libre circulation des personnes […] ou, de manière générale, de porter atteinte par ces comportements au bon ordre, à la tranquillité et à la sécurité publique ».

 

Un sondage sur cet arrêté a été mis en ligne sur le site de la mairie de Marseille. Mais malgré une modification de la question (le mot « agressive » a été rajouté derrière « mendicité »), le non l’emporte toujours à près de 75% au moment où j’écris ces lignes. Si M. le maire sollicite l’avis des citoyens sur cette question, on est en droit de demander qu’il l’écoute : l’arrêté devrait donc être supprimé très prochainement !

 

Quoi qu’il en soit, je me réjouis de la réaction de tant de citoyennes et citoyens, d'associations, locales ou nationales et de politiques qui ont raison de rappeler qu’il n’est pas de punir la misère. Chacune et chacun, avec leurs mots, avec leurs actes aussi, comme ces mendiants solidaires, auxquels je regrette de n'avoir pas pu me joindre, réunis devant la mairie, ont dit qu'il était urgent d'agir avec humanité, solidarité et dans le respect de valeurs de la République qu'il devient urgent de rappeler aujourd’hui. Liberté, Égalité, Fraternité sont trois mots qui ont encore du sens pour beaucoup d'entre nous. Nous refusons de voir sali cet idéal construit à la Révolution française pour porter les hommes et les femmes vers un avenir de progrès.

 

Prendre cet arrêté, qui plus est un 17 octobre, est indigne. Alors qu’il faudrait mettre en œuvre des politiques publiques permettant de combattre réellement la pauvreté, la droite choisit de combattre les pauvres. Après avoir cru qu'évacuer les camps de Roms ferait disparaître les Roms, M. Gaudin pense-t-il qu'en interdisant la mendicité il supprimera les mendiants ? Mais cela ne les rendra pas moins misérables, bien au contraire ! Cette politique stigmatise ceux qui n'ont pourtant qu'un souhait : ne plus avoir à mendier, se fondre dans la foule, et pouvoir acheter de quoi manger, se vêtir et se loger comme « les autres ».

 

Je condamne avec force cet arrêté anti-mendicité, comme j’ai condamné la motion votée par la majorité UMP du Conseil municipal d'Aix en Provence. Au lieu de tenter de trouver des solutions permettant d'améliorer la vie des gens, ces textes ne font que stigmatiser certaines personnes et populations, abîmant un peu plus notre République.

 

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Publié par Gaëlle Lenfant - dans Mes convictions
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