31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 06:51

La proportion de femmes élues dans notre Parlement met la France au bas des classement mondiaux : l'Assemblée nationale élue en 2007 compte 81,5% d'hommes. Et en 2012, l'UMP se permet de présenter seulement 28% de femmes candidates ! (Pour rappel, le Parti socialiste a investi 45% de femmes.)

J'ai donc bien sûr signé la tribune "Liberté, Égalité, Parité, toujours !" publiée aujourd'hui dans Mediapart à l'initiative d'Osez le féminisme ! et du Réseau féministe Ruptures et qui propose notamment de véritables sanctions financières des partis refusant la parité et la limitation du cumul des mandats. Je vous propose d'en faire autant sur le site parite2012.fr.

Voici le texte de cette tribune :

Liberté, Egalité, Parité, toujours !

Nous ne devrions pas avoir à écrire ni à signer ce texte. Les femmes n’ont-elles pas les mêmes droits civiques – celui de voter et d’être éligible- que les hommes depuis 68 ans déjà? Des lois dites de parité n’ont-elles pas été votées dès 1999, première mondiale érigeant en principe le fait de favoriser l’égal d’accès aux mandats électoraux et aux fonctions électives ? Et ne vient-on pas de nommer le premier gouvernement paritaire de la 5eme République? Alors comment se fait-il que le pouvoir soit en fait toujours aussi viril ?

L’exclusion des femmes demeure une réalité dans les instances de pouvoir: l’Assemblée nationale élue en 2007 lors de dernières législatives était à 81,5% masculine. Depuis 1988, sur les 577 circonscriptions, 413 n’ont envoyé aucune femme à l’Assemblée. Cette année, l’UMP n’a investi que 28% de femmes candidates aux législatives. Le classement de notre pays concernant la proportion de femmes parlementaires empire avec les années : la France est aujourd’hui à la 69eme place au niveau mondial.

Cette exception française et cette résistance de l’Assemblée Nationale, – institution pourtant emblématique de la démocratie représentative – incarne le fait qu’au-delà des équations individuelles, l’inertie d’un ordre sexué perdure. Celui-ci puise ses racines dans notre histoire, y compris démocratique : la citoyenneté à la française pensée par les Lumières fait encore de l’ombre aux femmes qui ont été exclues d’un universalisme en réalité masculin. Leur sexe faisant d’elles des êtres d’instinct plus que de raison, elles ont été exclues de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, du suffrage universel, du Code civil…  Il nous reste encore à mener un travail de désacralisation de ces principes, entamé par les mouvements féministes pro-parité des années 90.

En conséquence, le monde politique se caractérise encore aujourd’hui par un sexisme ordinaire, parfois inconscient. L’inclusion des femmes, telle que nous venons de le voir au sein du gouvernement, n’est ainsi pas contradictoire avec la persistance de leur exclusion du pouvoir. Elle s’exprime par la désignation de candidates dans des circonscriptions  « difficiles », voire « ingagnables », par les délégations qui leur sont confiées mais aussi par le fait qu’elles sont plus souvent choisies pour leur cumul de différence (sexe, origine réelle ou supposée, âge, affiliation associative, etc.). Nous appelons à la vigilance pour que les usages de la parité ne conduisent pas à une révolution conservatrice assignant les femmes à leur-s différence-s, mais à une déconstruction de l’ensemble des inégalités.

Enfin, cette mandature se clôt sur des tentatives de remise en cause de la parité. En atteste la réforme territoriale, qui, en remplaçant les conseillers généraux et régionaux par des conseillers territoriaux élus au suffrage uninominal, le mode de scrutin le plus défavorable à la parité, aura pour conséquence de faire reculer de manière spectaculaire les progrès accomplis depuis 2000 au niveau des collectivités locales.

Renaît, avec le renouvellement de l’Assemblée nationale,  l’espoir de voir la parité progresser de nouveau. Nous, militant-e-s féministes, nous, candidat-e-s aux législatives, nous, universitaires, nous voulons participer à l’ouverture d’une nouvelle ère de la parité. Pour y parvenir, nous défendons un renforcement des lois dites sur la parité. Afin que la sanction financière ne soit pas qu’incitative mais aussi contraignante, nous soutenons une suppression pure et simple de toutes les aides publiques aux partis qui ne respectent pas la parité des candidatures aux législatives. Afin de lutter contre la professionnalisation et la confiscation de la vie politique, nous défendons une limitation du cumul des mandats simultanément et dans le temps. Nous nous mobiliserons enfin pour que la constitution « garantisse » et non plus seulement « favorise » l’égalité, changement sémantique préalable à des mesures plus ambitieuses encore.

La question du partage du pouvoir ultime, le pouvoir politique, est centrale. Remettre en cause le monopole du pouvoir par la moitié masculine de la population n’est ni anecdotique, ni l’apanage d’une élite, ni un luxe outrancier en période de crise. C’est questionner le sens de notre démocratie, la place qu’occupe chacun-e d’entre nous et la manière dont nous voulons vivre et décider ensemble. Toutes et tous ensemble.

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Publié par Gaëlle Lenfant - dans Mes convictions
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commentaires

NatCordeaux 04/06/2012 14:44


Voilà typiquement un sujet qui m'horripile. Les quotas ! hommes/femmes ou noirs/blancs ou encore chanson
françaises/chansons étrangères. Mais où est la liberté ? où est le choix ?


Je rejoins totalement l’analyse Florent et pourtant je ne suis ni féministe, ni sexiste !


Tout d'abord j'ai l'impression que vous
confondez égalité hommes/femmes et parité... Le fait d'avoir un nombre égal d'hommes et de femmes en
politique comme en entreprise ne signifie en aucun cas que l'homme et la femme soient égaux... désolée…


Nombre de femmes font de la politique à différents niveaux, elles me semblent suffisamment intelligentes et libres pour
décider de se présenter (ou non)à des postes de sénatrices, députées, maires ou à des présidences. Pourquoi les forcer ? Imposer des
quotas, forcer des femmes à se présenter, voilà qui va à l’encontre de notre liberté et de nos droits !!


Bien sur qu’il est aussi question de compétences ! Et aussi de sensibilité,
d’envie, d’intérêt… ou encore de culture sociale… Mais ne pourriez vous pas pour une fois parler de
complémentarité ?


Affligeant aussi cet argumentaire, plus de femmes PS moins de femmes UMP ? Peut être… mais quelles femmes ! Pas
insipides ! … Christine Lagarde au FMI, Michèle Alliot Marie 4 fois Ministre (Défense, Intérieur, Justice et Affaires
étrangères) pour ne citer quelles…


Les femmes qui souhaitent imposer des quotas en légiférant ne vont pas dans le sens de leurs intérêts, de notre intérêt.
Imposer notre présence n’est pas une victoire, c‘est au contraire un échec !!! Il faut que notre présence soit souhaitée ! Et comme nous vivons dans un
pays où nous avons la chance de pouvoir voter et nous présenter, libre à celles qui le veulent de se présenter mais surtout libre aux électeurs de voter pour elles !!!


 

Benjamin 04/06/2012 11:06


Je n'esquive pas et je ne feins rien, vous n'êtes pas logique voilà tout.


Vous admettez qu'il serait normal que les sièges soient répartis de manière paritaire entre femmes et hommes. Or, le constat c'est que ce n'est pas le cas actuellement, et de très loin : 82%
d'hommes, plus d'hommes candidats que de femmes. Vous mettez en avant la "compétence" : si je vous comprend bien, s'il y a plus d'hommes élus et candidats que de femmes, c'est qu'ils sont plus
compétents. Ce présupposé est idiot et sexiste. Et la réalité c'est même plutôt l'inverse d'ailleurs : les femmes sont plus qualifiées au niveau bac et bac+3 que les hommes. Dès lors, ce
n'est pas la "compétences" des candidats qui est en jeux, c'est le système politique qui, comme dans la société en général, favorise les hommes.


Donc si on reprend le principe de départ avec lequel vous êtes d'accord (il faudrait autant de femmes que d'hommes), comment l'applique-t-on ? Les partis ne font pas le travail seuls, donc soit
on laisse faire et on se résigne à un monde politique non représentatif, soit la seule solution est la contrainte par la loi : ce sont les lois sur la parité. Pour les scrutin de listes, où elle
est réellement obligatoire, ça marche très bien. Et que je sache il n'y a pas eu de baisse du niveau général de "compétence" des élu-e-s depuis...

Hernandez Florent 04/06/2012 09:25


Non pas du tout, je suis le premier à dire que ce serait bien qu'il y ai autant de femmes que d'hommes. Comme l'a dit Mme Lenfant, (Si c'est elle "Webmestre", je ne reconnais pas trop la photo),
le problème vient des candidats.


Il existe bien des domaines, même des sujets en politique ou les femmes sont plus compétentes, c'est donc normal qu'elles aient les postes. 


Enfin tout ca n'est pas un problème de sexisme, de machisme, de parité ou autre... c'est un problème de logique. 

Je suis sexiste, ok... Tout comme j'étais raciste quand je votais Sarko... c'est un peu facile d'esquiver et de feindre de ne pas comprendre.  

Benjamin 04/06/2012 09:17


@Florent


"la compétence prime"


Donc si on suit votre raisonnement, le fait que 82% des députés soit des hommes, c'est parce que les femmes ne sont pas compétentes... Vous aviez raison dans votre premier commentaire en fait,
vous êtes bien sexiste.

Hernandez Florent 04/06/2012 00:03


Pourquoi mon dernier commentaire n'est pas posté ? 

Webmestre 04/06/2012 09:17



Il l'est.



Hernandez Florent 03/06/2012 17:52


"Sans contrainte l'égalité ne se fait pas". Non en effet, la compétence prime... 

Hernandez Florent 03/06/2012 17:28


L'assemblée est élue non ? Les électeurs sont composés à ma connaissance d'autant de femmes que d'hommes non ?
Si l'assemblée est composée de 82% d'hommes, le problème vient peut être des candidat(e)s.


Je comprend de votre réponse qu'en 2007 nous avons mal voté... 


Bonne continuation

Webmestre 03/06/2012 17:33



Le problème vient des es candidat-e-s, exactement : voilà pourquoi il faut une obligation de parité ! 


Quand on voit qu'un parti comme l'UMP se permet de présenter moins de 30% de femmes, la démonstration est faite que sans contrainte, l'égalité ne se fait pas. A l'inverse, pour les scrutins de
liste, où la parité est obligatoire sous peine d'irrecevabilité, les partis n'ont aucun problème à trouver des femmes.



Hernandez Florent 03/06/2012 13:58


La parité trop stricte, systématique, n'implique t-elle pas des situations non optimales ou un homme ou une femme (selon le cas) aurait pu être plus performant à un poste ?


Au nom de la parité, il me semble que certains choix ne sont pas légitimes et sont des choix forcés. 


Pour moi le stricte respect de la parité est en frein. 

J'entend deja les commentaires me traitant de macho ou de je ne sais quoi. Mais mon avis est valable dans les deux sens (homme ou femme). 

Webmestre 03/06/2012 15:39



Le problème c'est que sans la parité, ce ne sont pas les meilleur-e-s qui sont choisi-e-s, mais les hommes! L'Assemblée élue en 2007 comptait 82% d'hommes!!


Que je sache la parité dans les conseils municipaux et régionaux n'a pas eu de conséquences sur la "performance" des élu-e-s.



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