Vendredi 6 avril 2012
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Après le refus du candidat sortant de se rendre au débat organisé par Elle et l'absence de toute mesure pour
l'égalité dans son programme, le mépris de Nicolas Sarkozy pour l'égalité femmes-hommes apparait clairement. Je vous propose de lire le très juste communiqué d'Yvette Roudy (ancienne ministre des
Droits de la femme), Danielle Bousquet (députée, présidente de l'Assemblée des femmes) et Caroline De Haas (fondatrice d'Osez le féminisme) :
Qu’il s’agisse de la présentation de son programme ou de son absence à l’IEP de Paris, Nicolas Sarkozy a
hier manifesté une fois de plus son mépris pour les millions de femmes qui chaque jour, subissent encore des inégalités de salaires, des conditions de travail précaires, enchaînent
les difficultés pour articuler vie professionnelle et vie personnelle ou sont victimes de violences sexistes. Pour les féministes que nous sommes, ce n’est pas vraiment une surprise.
Le 8 mars 2011, le candidat de l’UMP disait déjà ne pas comprendre l’intérêt du 8 mars, considérant que la situation
des femmes ressemblait à celle des hommes et qu’au final, il fallait mieux se concentrer sur « l’essentiel ». Comprendre donc que pour Nicolas Sarkozy, la moitié du pays, c’est
accessoire.
Pendant cinq années, Nicolas Sarkozy a méthodiquement affaibli les droits des femmes. Sa
réforme des retraites, imposée aux salariés, va continuer à creuser les inégalités de pensions entre les femmes et les hommes. Sa réforme de l’hôpital public a eu pour conséquence la fermeture de
nombreux centres IVG sur le territoire. Ses décisions concernant la petite enfance ont amoindri le service public pour laisser une place grandissante au privé. Sa seule mesure pour l’égalité
professionnelle aura consisté à accorder des délais supplémentaires aux entreprises qui ne respectent pas la loi pour se mettre aux normes. En matière de parité, l’UMP continue à enfreindre la
loi en ne présentant que 28% de femmes aux prochaines législatives.
Après des avancées majeures permises à la fois par les mobilisations des mouvements féministes et la création du
Ministère des Droits des Femmes instauré par la gauche en 1981, l’ère Sarkozy restera comme celle de la grande régression. Depuis 2009, la France est passée du
19ème rang au 48ème rang mondial en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Un bilan catastrophique pour celui qui affirmait en 2007 vouloir réaliser
l’égalité au cours de son mandat.
En s’engageant à créer un Ministère des Droits des Femmes, en faisant de la lutte contre les violences la première
mesure pour l’égalité femmes - hommes de son quinquennat et en engageant, dès juillet 2012, des mesures pour garantir l’égalité salariale et professionnelle, François Hollande
affirme sa volonté d’ouvrir une nouvelle période de progrès pour les femmes. Il est le candidat qui remettra en route la machine du progrès et fera reculer la domination qui
persiste dans notre société. Il est le candidat qui permettra que la France revienne dans le peloton de tête des classements mondiaux de l’égalité entre les sexes.