26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 21:32

logoPlanningFamilial.jpgAlors que le gouvernement actuel a déjà fait régresser les droits des femmes en France avec des fermetures inacceptables de centres IVG, Marine Le Pen, elle, souhaite «mettre au pas le Planning familial» et dérembourser l’avortement. Selon elle, actuellement les moyens de contraceptions «suffisent» pour éviter une grossesse non désirée et le Planning familial serait un «centre d’incitation à l’avortement». Mme Le Pen qui dit s’adresser aux Français les plus en difficulté, vit-elle seulement dans le même monde qu’eux ?

Les mouvements féministes se sont battus lors des années 60 et 70 pour que l’avortement soit permis par la loi et qu’il puisse enfin être pratiqué dans des conditions médicalisées et sures pour les femmes. Simone Veil a défendu avec courage en 1972 la loi légalisant l’avortement, qui fut une avancée considérable en matière de droits des femmes. Dépénaliser l’avortement, c’était offrir une vraie solution à toutes ces femmes qui devaient jusqu’à lors avorter dans la clandestinité, dans des conditions d’hygiène déplorables et dangereuses qui mettaient leur santé en danger.
Vouloir, comme Le Pen, dérembourser l’IVG, c’est faire de l’avortement un luxe accessible aux seules personnes aisées. C’est laisser dans le désarroi et la difficulté toutes les femmes qui n’auront pas les moyens financiers d’avorter. C’est aussi considérer que les moyens de contraceptions sont infaillibles et culpabiliser les femmes en cas de grossesse non désirée. C’est ne rien proposer à celles qui n’ont pas eu accès à la contraception. C’est au final tout ignorer de la réalité de la vie des femmes.
Cette position de la candidate du FN rappelle très bien l’idéologie extrêmement réactionnaire que véhicule son programme en matière de droits des femmes et de liberté à disposer de son corps. 

Le Planning familial, que Marine Le Pen méprise tant, est absolument essentiel en matière de sensibilisation, d’éducation aux sexualités, d’information sur les moyens de contraception et de protection face aux IST.
Je me suis employée dans le cadre de ma délégation en tant que Vice-Présidente de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur à sauvegarder sur notre territoire cette association militante et de proximité qui apporte beaucoup à celles et ceux qui ne vont pas naturellement vers le secteur médical traditionnel. Association «féministe et d’éducation populaire», le Planning familial a depuis sa création en 1956 milité pour l’émancipation des femmes, le droit à la contraception et à l’avortement. Il est un emblème de la lutte féministe et progressiste : pas étonnant au final qu’il gène autant l'extrême-droite !

Car bien sûr, la cheffe de file du FN n'a pas inventé là une position solitaire. En juin dernier, avec ma collègue Anne-Marie Hautant, nous présentions en plénière du Conseil régional le futur dispositif d'accès à la contraception. Les propos tenus par Mme Philippe, élue du FN, allaient encore plus loin que ce qu'a bien voulu dire Le Pen ce matin à une heure de grande écoute sur France Inter, radio de service public. D'abord cette introduction, avec un mauvais jeu de mot sur mon nom de famille, qui montre l'irrespect qu'ont ces gens pour les personnes : «Je souhaitais d’abord dire qu’il est un peu dommage de s’appeler Madame LENFANT, et de soutenir un rapport sur la contraception.» Quelle honte pour une élue de la République de s'abaisser à ce genre d'insulte... Mais la fin de son intervention, surtout, a fait bondir tous les républicains de l'hémicycle : «J’ai le regret de constater qu’avec un tel projet, les ventres de Maghrébins et Africains ont de l’avenir.» Voilà la réalité idéologique du Front National. Avec moins de fausse paillettes que dans les medias nationaux. La vraie réalité.

Alors, si je sais à quel point nos acquis concernant les droits des femmes sont fragiles et combien les régressions peuvent être rapides, je sais également que seule la gauche défend une vision progressiste pour les femmes. Mme Le Pen peut toujours répéter à qui veut l’entendre que la droite et la gauche se valent, elle a tort : nous proposons au Parti socialiste un projet bien différent et bien plus juste pour notre société, une société où les droits des femmes ne seront pas négligés mais au contraire développés. L’accès à l’IVG, la défense du Planning Familial, sont des combats que je mène actuellement, que cela soit avec le Parti socialiste - en tant que Secrétaire nationale adjointe aux Droits des femmes - ou au sein de la Région - comme Vice-Présidente - et que je continuerai à mener demain au Palais Bourbon, si je suis élue députée, parce que je sais qu’il est important de préserver ces droits que le combat féministe a acquis de longue lutte.

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Publié par Gaëlle Lenfant - dans Mes convictions
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