24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 14:19

Après ce premier tour des présidentielles, nous renouvelons ce constat sans appel : désunie, la gauche perd. Pire ! Elle se perd. Avec intelligence et conviction les socialistes et les écologistes en ont pris acte dès le début de cette campagne présidentielle en choisissant d’unir leurs forces. La gauche unie aurait pu gagner, et nous n’avons pas attendu le résultat de ce premier tour pour le dire. Nous regrettons que ce rassemblement n’ait pu aller au-delà, et, très clairement, que la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon ait refusé les discussions. Néanmoins, les regrets ne sont utiles que s’ils forgent des leçons pour l’avenir. Nous regrettons amèrement l’accession du Front national au second tour de l’élection présidentielle et ferons tout pour que cela ne se reproduise pas sur la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône lors de la législative. C’est pourquoi, dans l’élection qui est devant nous et qui peut encore voir la gauche l’emporter, nous faisons à nouveau ce choix du rassemblement. Unis, socialistes et écologistes présenteront une seule candidature à l’élection législative, celle de Dorian Hispa.

Conscient·e·s de la volonté de renouvellement exprimée par nos concitoyen·ne·s, face à un député sortant élu depuis près de trente ans, nous avons, nous, le courage, l’audace et l’intelligence de proposer un candidat nouveau, jeune, qui permettra de donner un nouveau souffle à cette circonscription

Profondément convaincu·e·s que la politique doit renouer avec le fond, se pencher sur les projets et les idées plutôt que sur les personnes et les affaires, nous choisissons de mener une campagne citoyenne. Afin de renouer le dialogue avec les gens un comité citoyen a été lancé il y a de cela plusieurs semaines. Il travaille à des propositions concrètes, et continuera à œuvrer avec Gaëlle Lenfant afin d’enrichir le programme du candidat.

Nous faisons nôtre la formule de Benoît Hamon que nous sommes fier·e·s d’avoir soutenu, et qui marquera notre société sur le long terme tant il a su ouvrir sur les enjeux fondamentaux que sont par exemple la transition écologique ou la question du travail : « seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ».

C’est ensemble que nous mettrons tout en œuvre pour qu’une candidature unique de la gauche puisse émerger sur cette circonscription. C’est ensemble que nous bâtirons cette campagne. Et ensemble que nous irons chercher la victoire les 11 et 18 juin prochains.

Dorian Hispa et Gaëlle Lenfant

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 21:50
Inauguration de l'exposition Chibanis : la question de Luc Jennepin précédée d'ateliers calligraphie, écriture et aquarelle

S’engager en politique, c’est se battre pour construire le monde auquel on aspire, non pas pour soi, mais pour tous et toutes. Tolérance, respect, ouverture, justice sociale sont quelques-uns des mots remplis de sens qui, au côté de la devise de notre république, Liberté, Égalité, Fraternité m’accompagnent chaque jour dans mon action.

 

Cette action politique, je ne la conçois pas sans culture. Celle d’ici, celle d’ailleurs, la populaire et l’élitiste qui peuvent s’interchanger pour peu que notre regard le veuille. L’actuelle et celle dont est patinée notre histoire, je veux dire l’histoire du monde, de tous ces mondes auxquels nous devons penser, nous, responsables politiques, lorsque nous mettons en place des politiques publiques. La culture est au coeur de la campagne de Benoît Hamon comme elle est au coeur de ma

campagne.

 

Le comité citoyen de la 11e circonscription a souhaité organiser une réflexion autour du film documentaire de Rachid Oujdi « Perdus entre deux rives : Les Chibanis oubliés ». Ce film sera projeté vendredi 21 avril (quel symbole n’est-ce pas…) au local de campagne, en présence du réalisateur.

 

Mais avant cela, nous avons le grand plaisir d’accueillir Luc Jennepin, photographe, artiste militant, qui nous fait l’honneur de nous prêter ce magnifique hommage artistique et photographique fait aux Chibanis qui prend la forme d’une exposition photographique.

 

Elle sera inaugurée samedi 15 avril vers 16 h 30, en présence de l’artiste qui revisitera avec et pour nous ces magnifiques portraits. Les visites de cette exposition seront possibles jusqu’au 21 avril, tous les après-midi aux heures d’ouverture du local de campagne.

Télécharger le dossier de presse

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 15:44

Je suis très heureuse de vous annoncer que Najat Vallaud-Belkacem viendra dédicacer son livre, La vie a plus d'imagination que toi, ce jeudi 6 avril à 15h30 à la Librairie de Provence (31, Cours Mirabeau) à Aix.

Ce sera un honneur pour moi d'accueillir la ministre de l'Éducation nationale et un vrai bonheur de recevoir celle qui est aussi une amie.

Najat Vallaud-Belkacem à Aix le 6 avril
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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 09:52

Dans cette présidentielle rien ne nous aura été épargné. Quand je dis nous, je parle de la gauche. Les affaires Fillon ou Le Pen prennent la place sur les projets et la vision du pays que devraient pouvoir exprimer les candidats. Du coup, une bulle monte sans jamais exploser : Macron peut bien être creux au possible — il est l'exacte illustration de ce qui fait monter l'extrême droite avec un ni-ni qui m'attriste autant qu'il m'effraie — il monte. Valls dit aujourd'hui que si Fillon gagne il faudra bien négocier avec la droite républicaine. On en est donc là. 
Et nous, à gauche, incapables de nous entendre. De nous parler, même. Alors que nous aurions pu. Tant de grandes choses nous attendaient… tant de progrès pour le pays. Tant de vies changées. Mais non. Il faut en prendre acte.

Alors dans ce contexte, certain·e·s pourraient se décourager. D'autres se tourner au 1er tour vers un candidat qu'ils ne cautionnent pas. D'autres encore ne pas aller voter. Se lamenter. Crier dans le vide. Se tourner vers Le Pen parce que la sérénade de l'anti-système, si si, ça marche.

Eh bien moi je vais vous dire : Benoît Hamon est mon candidat. Il est celui qui porte les idées, les projets, les valeurs du PS. Il est celui qui sera un président de la République historique parce qu'enfin nous changerons de siècle. Il est celui, encore, avec qui j'ai travaillé comme secrétaire nationale du PS, que je connais personnellement, que je sais honnête, humain, brillant, plein d'empathie et d'humour aussi. Je connais ses convictions, sa grandeur d'âme, sa conscience politique, son engagement. 

Oui, le moment est difficile. Mais c'est dans ces moments là que l'on peut savoir qui l'on est vraiment. Qui êtes-vous ?

Moi, je suis une combattante. J'ai le socialisme au fond des tripes et je me battrai, chaque jour, chaque minute, pour vous convaincre que nous avons une chance historique d'élire un président de la République hors norme, qui nous mènera très loin.

Je n'ai aucun doute sur mon vote des 23 avril et 7 mai prochain. Je n'ai aucun doute et je sais que nous sommes des millions à sentir la justesse de ce vote. Alors disons le. Montrons le. Soyons tous et toutes des combattant·e·s. Et le futur sera enfin désirable.

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Publié par Gaëlle Lenfant - dans politique nationale élections
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 11:01

En 2012, j’avais viré en tête du 1er tour. Dans cette circonscription particulièrement marquée à droite, où François Hollande n’avait obtenu que 43% des voix, nous n’avions perdu l’élection qu’à quelques centaines de suffrages, à la surprise générale. Depuis, sur ce territoire, la droite comme la gauche n’ont cessé de perdre des voix et l’extrême droite d’en gagner. 

En 2017, nous avons une responsabilité : faire vivre nos idéaux

Pour cela, nous devons nous donner les moyens de la victoire. Pourtant, je constate que les candidatures de gauche se multiplient : hormis la mienne, étiquetée Parti socialiste, le Parti communiste, le Parti de gauche, le Parti radical de gauche et une candidate sans étiquette se sont déjà déclaré·e·s. EELV ne saurait tarder. Quant aux soutiens d’Emmanuel Macron, j’entends dire qu’ils auraient plusieurs candidat·e·s potentiel·le·s.

Il est temps de savoir ce que nous voulons vraiment : rester sur les méthodes du passé qui ont fait tant de mal à la gauche en nous tournant le dos les uns les autres, sans discussion possible parce qu’il s’agit d’une élection nationale et que « ce sont les partis qui décident, nous, localement on est désolés mais on ne peut rien faire » ou bien changer notre regard. Nous voir. Discuter. Mettre en balance ce qui nous rassemble sur ce territoire par rapport à ce qui nous divise. Et faire en sorte de ne pas apporter l’élection sur un plateau à la droite ou à l’extrême droite. Ne nous berçons pas d’illusions : dans cette configuration de candidatures multiples, la gauche sera atomisée dès le premier tour. 

Derrière ces candidatures se cache parfois la volonté de voir disparaitre le Parti socialiste. Alors qu’en réalité nous construisons notre disparition collective. La disparition de la gauche. De nos idéaux, de nos valeurs, de nos combats, de ceux de nos anciens. Nous avons oublié pourquoi nous faisons de la politique. Nous préférons voir gagner ceux qui portent des idées qui vont à l’encontre des nôtres, voire même des idées qui nous répugnent, seulement parce que nous sommes incapables de voir que nos convergences sont plus fortes que nos divergences. Comment pouvons-nous donner envie aux gens de gauche de voter si nous ne sommes pas capables de nous montrer responsables vis-à-vis d’eux ? 

En nous divisant, nous nous perdons nous-mêmes

Face à ce constat, j’en appelle solennellement à une réunion de l’ensemble des partis, courants, personnes et personnalités concernés. Ensemble, mettons sur la table ce que nous voulons vraiment. Ensemble construisons nos candidatures, dans le respect de chaque tendance, de chaque parti, mais sans oublier le principal : mieux vaut gagner ensemble que de tout perdre seul.

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 09:12

Retrouvez le communiqué de presse d'Élu.e.s contre les violences faites aux femmes au sujet de l'investiture de Georges Tron par Les Républicains :

Vendredi dernier, nous avons appris avec stupéfaction que Georges Tron s’était vu investi candidat aux législatives de juin 2017 par son organisation politique, alors même qu’il est en instance de jugement aux Assises pour viols et agressions sexuelles commis sur deux anciennes employées de la mairie de Draveil.

Nous ne voulons plus de ces pratiques d’un autre âge où des politiques soupçonnés ou reconnus coupables de violences sexistes peuvent continuer de compter sur leurs organisations pour les maintenir dans leurs responsabilités publiques.

À l’approche des législatives, élu.e.s et ancien.ne.s élu.e.s contre les violences faites aux femmes, nous demandons à tous les partis politiques d’être vigilants sur les investitures dont ils ont la responsabilité.

ECVF

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 17:54

Retrouvez ci-dessous le communiqué des Élu·e·s contre les violences faites aux femmes :

Nous, élu·e·s contre les violences faites aux femmes, saluons le courage d’Isabelle Attard, Elen Debost et Sandrine Rousseau, qui ont déposé une plainte contre Denis Baupin, et leur témoignons tout notre soutien.

Cette affaire met en lumière une réalité dramatique : celle de l’ampleur des agressions sexuelles et du harcèlement sexuel, notamment dans la sphère professionnelle. 20 % des femmes ont ainsi été victimes de harcèlement sexuel au cours de leur vie professionnelle, soit une femme sur cinq.

Ces violences, extrêmement répandues, sont encore bien trop souvent banalisées par leurs auteurs et leur entourage : « main baladeuse », « propos grivois », « gauloiserie »… Et pourtant, s’il est encore besoin de le rappeler, ces actes relèvent le plus souvent du délit, voire du crime quand cela va jusqu’au viol.

Cette banalisation des violences sexuelles va de pair avec l’impunité des agresseurs, et ce notamment parce qu’ils sont en situation de pouvoir par rapport aux victimes.

C’est pourquoi ECVF revendique depuis de nombreuses années l’inéligibilité des élus condamnés pour violences faites aux femmes. Afin que cesse l’impunité des agresseurs et que les élus de la République, qui ont une mission d’exemplarité, soient réellement exemplaires.

Eva Sas, présidente de l’association et députée de l’Essonne, se saisira ainsi de la discussion autour du projet de loi « égalité et citoyenneté » pour porter haut cette revendication de l’association.

ECVF

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 13:51

Communiqué des Élu·e·s Contre les Violences faites aux Femmes :

Plusieurs témoignages sont parus ce jour concernant des comportements de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles concernant Denis Baupin, député EELV vice-président de l’Assemblée nationale.

ECVF exprime toute sa solidarité aux victimes qui ont témoigné de ces agissements et soutient toutes les femmes qui témoignent et témoigneront dans l’avenir pour dénoncer de telles agressions. Leur courage, admirable, est indispensable à la lutte contre toutes les violences faites aux femmes.

L’association dénonce fermement tous les agissements sexistes, à plus forte raison lorsqu’ils sont commis par des élus, qui représentent le peuple.

En tant qu’élu de la République, M. Baupin a un devoir d’exemplarité et ne saurait se rendre coupable de tels agissements. Compte tenu des témoignages apportés, ECVF, association d’élu·e·s de tout parti politique républicain, appelle M. Denis Baupin à la démission de son poste de député, en plus de sa démission annoncée du poste de vice-président de l’Assemblée nationale.

Nous souhaitons également rappeler que depuis plusieurs années, ECVF porte la proposition de l’inéligibilité automatique des élus condamnés pour violences faites aux femmes. Il n’est en effet pas acceptable qu’une personne reconnue coupable de violences sexistes soit encore en mesure d’exercer des fonctions de représentation publique. Un·e élu·e se doit d’être exemplaire puisqu'elle ou il doit appliquer et faire respecter les lois.

Il est de la responsabilité des politiques de se saisir de cette question pour mettre fin à des situations inadmissibles. ECVF demande ainsi une modification législative pour garantir l’inéligibilité des élus reconnus coupables de violences sexistes.

En sa qualité de présidente, Éva Sas se saisira de la discussion autour du projet de loi Justice du XXIe siècle pour demander cette modification législative.

ECVF

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 11:24

Après le « pacte de responsabilité », le débat sur la déchéance de nationalité, l’indécent discours de Munich sur les réfugiés : « Trop, c’est trop ! ».

Hier, Le Monde publiait une tribune signée par plusieurs personnalités de gauche, dont Martine Aubry, Daniel Cohn-Bendit, Laura Slimani, Axel Kahn, Laurence Dumont, Benoît Hamon,…

Je m'associe à cette démarche et ai signé ce texte. Vous pouvez faire de même sur sortirdelimpasse.fr.

Il est des vérités désagréables à dire, mais il est des moments où il faut savoir les mettre en pleine lumière. Trop, c’est trop ! Les motifs d’insatisfaction sur les politiques menées depuis 2012 n’ont pas manqué, et nous-mêmes, comme d’autres n’avons pas manqué d’alerter. Depuis quelques mois, ces désaccords se sont mués en une grande inquiétude. La colère populaire s’est confirmée sans appel par quatre défaites électorales successives. Ce n’est plus simplement l’échec du quinquennat qui se profile, mais un affaiblissement durable de la France qui se prépare, et bien évidemment de la gauche, s’il n’est pas mis un coup d’arrêt à la chute dans laquelle nous sommes entraînés. Bien sûr, nous n’oublions pas les succès de la COP 21, la priorité donnée à la lutte contre les inégalités à l’école, les avancées de la loi santé.

Mais à côté de cela, que de reculs !

– La gauche avait déjà assisté, incrédule, en janvier 2014, au pacte avec le MEDEF qui se révéla un marché de dupes. Nos mises en garde avaient alors été ignorées. Nous aurions aimé nous tromper. Malheureusement, de l’aveu du Premier ministre lui-même, la réalité, tellement prévisible, est là : un million d’emplois promis, quelques dizaines de milliers tout au plus effectivement créés. Bien sûr, il fallait aider à la reconquête de la compétitivité de nos entreprises, mais pour cela il eut fallu cibler les aides sur celles exposées à la concurrence internationale et les lier à des contreparties précises.

Ces 41 milliards d’euros mobilisés pour rien ou si peu, auraient été si utiles à la nouvelle économie, à l’écologie, à l’éducation et la formation, aux territoires, à l’accès à l’emploi de ceux qui en sont le plus éloignés, au pouvoir d’achat, aux investissements publics et privés et donc aux carnets de commande des entreprises. A chaque étape et par des voies multiples, nous avons fait des propositions précises pour relancer la croissance et l’emploi dans le cadre d’un nouveau modèle de développement social et écologique, et d’une réorientation de l’Europe, attelons nous-y !

– Puis, nous nous sommes vus infliger, à l’hiver 2015, ce désolant débat sur la déchéance de nationalité. Pourtant la France, autour du Président de la République, s’était montrée digne et forte après les attentats de janvier comme de novembre. Nous avons approuvé l’état d’urgence comme le renforcement des moyens d’action de nos forces de l’ordre et des services de renseignement face à une menace terroriste d’un niveau sans précédent. À Versailles, le Président de la République a émis l’idée d’une peine de déchéance de nationalité pour les terroristes. Très vite, chacun a compris l’impasse : réservée aux binationaux, elle est contraire au principe d’égalité ; appliquée aux mono-nationaux, elle fabriquerait des apatrides. Et, si ce débat nous heurte tant, c’est qu’il touche au fond à notre conception de l’identité de la France. Pour la gauche, l’identité française doit être républicaine, elle se définit comme une communauté non pas d’origine, mais de destin, fondée sur les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Le texte adopté par l’Assemblée Nationale a gommé les aspérités sans en supprimer les effets, et en les aggravant en étendant la déchéance de nationalité aux délits. Mis entre les mains de gouvernements futurs mal intentionnés, il ouvre la voie à toutes les dérives. Aller au Congrès de Versailles dans ces conditions serait une fêlure profonde pour la gauche et d’ailleurs aussi pour certains démocrates. Evitons-là. Substituons à cette déchéance de nationalité, une peine de déchéance de citoyenneté ou d’indignité nationale inscrite dans la loi, frappant tous les terroristes quelle que soit leur origine.

– Par une regrettable accélération du temps, la semaine dernière, ce fut la meurtrissure de l’indécent discours de Munich, à propos des réfugiés. Se revendiquer d’une liberté de ton n’autorise pas tout. Non, Angela Merkel n’est pas naïve, Monsieur le Premier Ministre. Non, elle n’a pas commis une erreur historique. Non, elle n’a pas mis en danger l’Europe, elle l’a sauvée. Elle l’a sauvée du déshonneur qui aurait consisté à fermer totalement nos portes à toutes ces femmes, ces hommes et enfants fuyant les persécutions et la mort et en oubliant ceux qui chaque jour perdent la vie en méditerranée.

La fermeté, c’est le langage qu’il faut tenir à ceux des Etats européens qui s’exonèrent de toute solidarité, de toute responsabilité à l’égard des réfugiés. La France ne doit pas être de ceux-là. La France quand elle s’appuie sur ces valeurs comme elle l’a fait dans son histoire en accueillant les opposants des dictatures par exemple, est un pays respecté, admiré et aimé. Cela oblige les femmes et les hommes qui le dirigent. La mission de la France n’est pas de dresser des murs, mais de construire des ponts. Sans nier un seul instant l’ampleur du problème, nous attendons de la France qu’elle se tienne aux côtés de ceux qui agissent.

– Et aujourd’hui, voici que l’on s’en prend au code du travail! La gauche a appris des mouvements ouvriers qu’il n’y a pas de liberté sans égalité. Ce n’est pas une affaire de tabous. Le droit n’enferme pas, il libère. Il libère en arrêtant la liberté des autres où commence la sienne. Il libère en apportant aux plus faibles les droits qui visent à rééquilibrer les rapports dans l’entreprise.

C’est pour l’avoir ignoré que partout au sein de la gauche, l’avant-projet de loi dit « El Khomri » a provoqué non plus de la déception, mais de la colère ! C’est toute la construction des relations sociales de notre pays qui est mise à bas en renversant la hiérarchie des normes, et en privilégiant l’accord dans l’entreprise dans un pays où le taux de syndicalisation est faible et où le patronat n’a jamais aimé la négociation. Les salariés vont subir un chantage permanent et les entreprises être soumises à des distorsions de concurrence, alors que l’accord de branche unifie les conditions générales de travail pour les entreprises d´un même secteur. Et, à qui fera-t-on croire qu’en multipliant les facilités de licenciements, comme le prévoit le projet de loi – limitation du pouvoir d’appréciation du juge sur le motif économique, prise en compte des seules filiales françaises pour apprécier les difficultés économiques d’une multinationale, plafonnement à niveau très bas des indemnités prud’homales pour licenciement abusif…-, oui, à qui fera-t-on croire qu’on favorisera ainsi l’emploi ? Réduire les protections des salariés face au licenciement conduira plus sûrement à davantage de licenciements !

Qui peut imaginer qu’en généralisant les possibilités de ne plus payer les heures supplémentaires en heures supplémentaires –calcul sur trois ans de la durée du travail, rémunération au forfait dans les PME, possibilité de déroger à un accord de branche pour les majorations….-, on améliorera la situation de l’emploi en France? Qui peut faire croire qu’augmenter le temps de travail va diminuer le chômage ? Moins de pouvoir d’achat pour les salariés, moins d’embauche pour les chômeurs en cas de surcroît d’activité, est-ce bien cela que l’on veut dans un pays de plus de 3,5 millions de chômeurs et dont les entreprises souffrent de carnets de commande trop peu remplis ?

Que le patronat institutionnel porte ces revendications, pourquoi pas, même si elles nous paraissent en décalage avec ce que nous disent les entreprises sur le terrain. Mais qu’elles deviennent les lois de la République, sûrement pas ! Pas ça, pas nous, pas la gauche !

Bien sûr, comme tout texte de régulation, le code du travail doit évoluer, au regard des changements du monde, mais sans en affaiblir sa force protectrice. La gauche doit porter en la matière de grandes réformes sources de compétitivité pour les entreprises et de progrès social pour les salariés telles que la sécurité sociale professionnelle, qui permettent à chacun au XXIe siècle de rebondir en cas de difficultés, sans passer par la case chômage, et de progresser tout au long de sa vie professionnelle.

– Et puis disons-le, la méthode n’est plus supportable. On brandit à nouveau la menace de l’article 49-3. Et alors, nos députés en désaccord doivent-ils dire que dans ce cas, ils voteraient la censure? Tout cela est déraisonnable. Une France gouvernée sans son Parlement est mal gouvernée. La démocratie est atteinte. Redonnons tout son pouvoir au Parlement, respectant ainsi la Constitution, les textes qui en sortiront n’en seront que meilleurs et leur légitimité renforcée.

Les valeurs, l’ambition sociale, les droits universels de l’Homme, l’équilibre des pouvoirs, que restera-t-il des idéaux du socialisme lorsque l’on aura, jour après jour, sapé ses principes et ses fondements? Nous n’ignorons rien des difficultés du moment, la crise économique, la montée du terrorisme, le réchauffement climatique, les migrations, la crise agricole…Nous n’ignorons rien des difficultés de l’exercice du pouvoir, nous l’avons montré. De l’idéal au réel, il y a toujours une distance que, depuis Jaurès, nous assumons d’accepter.

Mais prendre le monde tel qu’il est n’est pas renoncer à le transformer pour le rapprocher sans cesse de ce qu’il devrait être. Encore moins de l’éloigner de toute idée de justice. Et c’est pourtant ce qui est en train de se passer. Il ne suffit pas de se revendiquer du réformisme social pour en mériter le titre. Il n’y a ni vraie réforme, ni social dans nombre de politiques qui sont menées depuis deux ans. On y trouve des propositions puisées dans le camp d’en face, qui n’ont rien de modernes, et qui sont inefficaces. Et puisqu’on nous parle du serment de Versailles, rappelons-nous de celui du Bourget, mis à mal une fois de plus, et qui pourtant fonde la légitimité au nom de laquelle le pouvoir est exercé depuis 2012.

Pour sortir de l’impasse, il faut de vraies réformes, synonymes de progrès économique, social, écologique et démocratique. Elles doivent être porteuses d’émancipation pour chacun et de vivre-ensemble pour tous. C’est ce chemin qu’il faut retrouver ! Celui de la gauche tout simplement !

http://sortirdelimpasse.fr/

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Publié par Gaëlle Lenfant - dans politique nationale gauche
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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 22:46
Et si 2016 était l'année de la raison ?

Ces moments sont rares, mais parfois les questions posées à une société sont fondamentales et engagent des valeurs qui disent ce que nous sommes. Nous vivons un de ces moments, avec la discussion actuelle sur la déchéance de nationalité.

Certains disent les socialistes pris au « piège » de ce débat. Je ne crois pas que ce soit le cas. Je pense plutôt que cette question nous oblige à revisiter nos fondamentaux socialistes, nos valeurs essentielles. D'ailleurs, si piège il y a, il faudrait en reconnaître la paternité au président de la République et à son gouvernement socialistes, ce qui engagerait la responsabilité du Parti socialiste à réfléchir d'ici 2017…

Bien que cela ait été largement commenté, mieux vaut redire ici de quoi il s'agit. Et d'abord redire, et avec force, ma conviction que notre pays vit des heures graves et que tout doit être mis en œuvre pour lutter contre le terrorisme. Mais lutter efficacement.

Deux propositions sont donc débattues : déchoir de leur nationalité française les personnes binationales condamnées pour terrorisme, voire déchoir aussi de leur nationalité ceux et celles qui n’auraient que la nationalité française.

C'est sur la première proposition que la gauche a commencé de s'élever, à raison, puisque cela revient à créer deux catégories de Français·e·s, les binationaux et les autres. L’égalité est pourtant inscrite au cœur de notre devise républicaine : un·e criminel·le est puni·e pour son crime et pas en fonction de qui il/elle est. C'est un principe fondamental et il n’y a pas de compromission possible avec un principe fondamental.

Pensant calmer les débats, est venue ensuite une seconde proposition qui revient, elle, à autoriser la création d’apatrides. Mais qui peut penser que la gauche va baisser les yeux alors qu'il ne s’agit que d’une remise en cause d’un droit humain fondamental, consacré par l’article 15 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme ? Priver quelqu’un de toute nationalité c’est, comme le disait Hannah Arendt, le priver du « droit d’avoir des droits » : elle, elle y voyait le début du totalitarisme.

Voilà pourquoi ces propositions sont dangereuses. Sans compter que, comme même leurs promoteurs le reconnaissent, elles ne serviront à rien dans la lutte contre le terrorisme.
Pire, en avalisant l’idée que les terroristes seraient par nature non français, exogènes, elles nous empêchent de réfléchir sur ce qui est un fait : des Français·e·s, né·e·s en France et y ayant passé la majorité de leur vie sont devenu·e·s terroristes. Le reconnaître, c'est commencer à penser prévention, parce qu'aucune annonce répressive, et surtout pas la déchéance nationale, ne fera réfléchir des terroristes prêt·e·s à mourir. En revanche, l'indignité nationale pourrait répondre au besoin de symboles, qui peut être légitime, sans remettre en cause nos fondamentaux.

Comme le dit Anne Hidalgo, nous avons « besoin de politiques qui produisent des résultats » : les postures et impostures en cours deviennent insupportables.

Alors, puisqu'il est de tradition en ce début du mois de janvier de faire des vœux, voici le mien : que 2016 soit l'année de la raison et des fondamentaux. Que nous sortions, en tant que Nation, de la surenchère et des tactiques politiciennes. Je fais le vœu que les évènements tragiques que nous avons vécus nous permettent de gagner en maturité politique et citoyenne, qu’ils nous poussent enfin à nous poser les bonnes questions et à mener des débats sérieux sur ces sujets complexes.

La France est debout après cette terrible année 2015, mais les Français·e·s ont besoin de penser leur présent et leur avenir. L'emploi, la jeunesse, l'écologie, l'éducation, la culture... À ces questions prioritaires nous devons aussi trouver des réponses sensées et opérantes.

Pour cela, nous avons besoin de retrouver le sens de nos grandes valeurs et l’envie de les transformer en réalité.

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